Mercredi 19 août 2009

Samedi 22 mai


Depuis quelques semaines, tout est devenu beaucoup plus fluide mais il y a toujours des jours avec et des jours sans…


Elle refuse parfois de faire pipi (elle se raidit quand je tente de l’asseoir sur les toilettes ou au-dessus du lavabo) alors que je sens qu’elle a envie. Et puis, quelques minutes plus tard, elle se libère ; est-ce parce que le moment ou l’endroit ne lui plaît pas ? Ou veut-elle me montrer qu’elle souhaite décider quand elle le veut ou pas ?

J’ai alors décidé de lui proposer plus souvent car j’ai remarqué que les « accidents » arrivaient lorsque je n’étais pas disponible physiquement et psychologiquement bien que  j’avais senti qu’elle avait envie !  Je ne voulais pas prendre le temps.  Je lui ai aussi proposé plusieurs lieux pour se soulager : principalement, le pot mais aussi les toilettes et quelques fois, le lavabo.


l y a aussi eu des moments difficiles notamment la nuit où je n’arrivais pas à me connecter à Cerise. Il m’était très difficile de me réveiller et de lui proposer ; elle faisait donc systématiquement sur sa peau de mouton et notre lit finissait par être bien mouillé !  Après réflexion, j’ai compris que j’étais trop fatiguée, que je manquais de sommeil ; mes quelques heures de sommeil étaient alors trop précieuses pour que je me réveille ! Quand j’ai décidé de me coucher plus tôt, de moins travailler le soir et de me centrer plus sur cette écoute la nuit, le lien s’est à nouveau tissé. Des signaux précurseurs sont réapparus et j’ai pu à nouveau lui proposer de se soulager, d’abord aux toilettes ou au lavabo, puis au pot à côté du lit (ce qui est nettement moins fatiguant !).  Le principal signal de Cerise a été au début de s’arrêter de téter et de ne plus bouger en attendant que je comprenne ! Un autre signal : ne pas s’endormir après une tétée et si je ne réagissais pas, bouger en se frottant la tête sur le matelas avec les fesses relevées  (une sorte de danse annonciatrice !).


Pour me « reconnecter » la nuit, il m’a fallu aussi reprendre confiance en moi et surtout en les capacités de Cerise de me faire savoir ses besoins. En discutant avec une autre maman qui pratique aussi l’EC, j’ai pu vérifier qu’un bébé est capable de ne faire qu’un (voir pas du tout) pipi pendant une bonne partie de la nuit. Forte de cette idée et plus en confiance, Cerise demande de moins en moins à se soulager la nuit ; une fois parfois lorsque je viens me coucher puis une autre fois dans la nuit ou au petit matin.  Ensuite seulement, lorsqu’elle se réveille de sa nuit.  Une petite parenthèse pour dire qu’il est toujours bénéfique de discuter avec des personnes dans la même situation que soi ; en confrontant ses expériences, ses difficultés ou ses succès, on arrive à trouver des solutions ou d’autres alternatives à ce que l’on pratique. Vivement les réunions EC comme celles de la Leche League (;p). Après cette réflexion, une question me vient à l’esprit ; Cerise étant un bébé qui tète et mange (solide) beaucoup, je me demande si les selles et les pipis sont alors plus importants et plus fréquents qu’un bébé qui tète et mange moins ? En comparant avec d’autres bébés dont les mamans pratiquent l’EC, j’ai l’impression que Cerise a besoin plus souvent de se soulager.

Le rythme des selles et des pipis est beaucoup précis maintenant : il y a toujours le matin au réveil des selles et un pipi, puis quelques pipis dans la matinée et des pipis plus espacés dans l’après-midi. Ensuite, le soir, elle fait toujours pipi avant s’endormir et quelques fois une selle.  Depuis peu, les  selles et les pipis sont beaucoup plus espacés ; en ce moment même,  elle ne fait que 4 ou 5 pipis par jour. Mais c’est peut-être dû au fait qu’elle est malade (diarrhée qui lui fait éliminer beaucoup d’eau) et aussi qu’il fait chaud (l’eau de son corps s’évacue plus que d’habitude par la transpiration) ?


Après cet épisode difficile, j’ai eu envie de lui proposer le pot dans la journée et, très rapidement, elle l’a adopté pour se soulager. C’était comme si on venait de franchir une étape ensemble ; elle pouvait décider d’y rester ou non et elle n’avait plus besoin que je sois là pour qu’elle puisse se soulager. Peut-être ce nouveau lieu d’élimination répond mieux à son besoin d’autonomie (dont j’ai parlé précédemment ) ? Depuis, j’ai l’impression de ne plus avoir grand-chose à faire car je n’ai plus besoin de rester près d’elle pendant l’élimination. Je me sens aussi beaucoup moins sollicitée. Cette étape me rend fière et heureuse pour Cerise comme pour moi !

A présent, je suis beaucoup moins focalisée sur ses besoins et ses signaux et je sens, grâce aussi à la confiance en mes capacités et celles de ma fille, que mes intuitions émergent. Même quand je suis occupée, je sens physiquement son envie : ce peut être de légers fourmillements dans tout mon corps ou un point au niveau de l’estomac, du plexus solaire.


L’EC nous fait réfléchir sur ce qui importe vraiment. L’enfant a besoin d’être aimé et il peut l’être pleinement grâce à une écoute attentive et patiente de ses besoins (dont l’EC fait partie) et une très étroite proximité (à travers l’allaitement, le portage, le « cododo »…).

Ne pas avoir d’attentes, d’exigences est important lorsque l’on choisit l’EC ; le but n’est pas que le bébé soit rapidement continent mais plutôt qu’il soit bien dans son corps, qu’il se sente serein et confiant dans ses capacités à gérer tout seul son corps et donc son élimination. L’EC me permet  aussi de créer une communication plus étroite entre moi et mon enfant. Elle lui donne confiance en ses capacités, en son pouvoir de décision pour sa vie ; j’ai l’impression que cette communication a permis à Cerise de savoir clairement ce qu’elle souhaite pour elle.


15 Août 2009

Le chemin de l’EC est à présent bien avancé et je réalise maintenant que je me pose de moins en moins de questions à ce sujet ; tout vient facilement et naturellement. Il peut y avoir encore quelques accidents mais ils sont de moins en moins fréquents. Cerise a trouvé un rythme d’élimination qui me permet de savoir, en gros, quand elle a envie de se soulager. Elle a également une capacité de rétention de plus en plus importante, ce qui en général lui permet de n’uriner que deux ou trois fois dans la matinée.  J’ai aussi régulièrement des intuitions qui font que l’EC me paraît vraiment fluide.


Concernant les transports, elle arrive à se retenir tout le temps du trajet. Et en voiture aussi ; elle attend que l’on s’arrête pour se soulager.


Elle utilise de plus en plus le pot, encore un peu le lavabo, rarement les toilettes. Une seule étape reste à franchir ; celle d’aller toute seule au pot (quand elle sera plus grande, aux toilettes ;p) sans que je doive l’y amener. Pour l’instant, je lui laisse le pot près de l’endroit où elle se trouve et je lui rappelle qu’elle peut l’utiliser quand elle le veut.

Par annabelle
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Mardi 15 juillet 2008

SUITE DE L'ELIMINATION COMMUNICATION...


Vendredi 27 juin

 

J’aimerais avoir un « rythme » à peu près régulier au cours de la journée afin de voir si Cerise en adopte aussi un pour l’élimination. Mais peut-être est-ce complètement artificiel et non respectueux de ses besoins !

Autre réflexion : j’ai aussi l’impression qu’elle a moins besoin d’uriner et de défèquer quand elle est à l’extérieur qu’à la maison…ou alors c’est parce que je suis plus disponible et à l’écoute en-dehors de la maison…

 

Dimanche 6 juillet


Je m’aperçois de plus en plus qu’il ne sert à rien d’avoir un rythme pour « réussir » l’EC, que la communication s’installe entre moi et mon bébé. Au contraire ; j’ai l’impression que plus je me focalise sur l’EC et sur Cerise, sur le fait de répondre à son besoin d’élimination et moins nous sommes connectées !! En fait, je sens de plus en plus qu’il faut que nous vivions sans y penser et que la communication et le lien entre nous et Cerise se tissent tout seuls !

Cerise n’a de toute façon pas de rythme la journée, que ce soit pour l’élimination, pour le sommeil ou les tétées. Je remarque seulement qu’elle fait maintenant plusieurs fois pipi le matin car depuis quelques semaines, elle fait peu ou pas la nuit. Et le soir, elle fait aussi souvent avant de dormir.

Le mot d’ordre maintenant ; sentir plus que réfléchir… Laisser Cerise me conduire et lui faire confiance.

Un nouveau signe est apparu ; elle me sourit et me fixe avec des yeux pétillants pour me signifier qu’elle a envie ! C’est un peu déconcertant au début mais on s’y fait !

 

Par ailleurs, je ne fais plus de sons au préalable lui  indiquant qu’elle peut se relâcher. Ce comportement me gênait un peu car je trouvais que l’on frôlait le conditionnement et que l’on incitait trop le bébé à faire. Je préfère plutôt qu’elle apprenne à connaître son corps et qu’elle sente d’elle-même quand elle a besoin de se soulager sans que je fasse un son déclencheur !

J’ai opté pour un autre comportement : lorsque je ne suis pas sûre qu’elle a envie, je l’amène au lavabo ou au pot et lui dit qu’elle peut se soulager si elle le veut (mais que ce n’est pas grave si ce n’est pas le cas). Sinon, lorsque je comprends ou pense qu’elle veut se soulager, je la laisse faire sans rien dire.

 

Plus je continue l’EC, plus je pense que c’est un besoin intrinsèque à l’espèce humaine ; il suffit donc d’écouter son bébé car il sait quoi faire. C’est tellement gratifiant de renouer avec notre nature profonde !

 

A consulter le site http://bebesouleil.fr/ qui propose des pantalons chinois et quelques accessoires pour un maternage respectueux des besoins de nos enfants.


Samedi 6 Septembre 2008

 

La période des vacances est finie et je peux dire à présent que la communication sur l’élimination est bien installée ! C’est sûr, il y a des jours plus que d’autres où quelques pipis arrivent sur moi mais dans l’ensemble, on se comprend bien, moi et Cerise !

Plus aucun caca en dehors du lavabo ou du pot et je commence à mieux gérer les nombreux pipis du matin et du soir…

La nuit, elle fait 2 ou 3 pipis en moyenne et la majeure partie, dans son pot. Quelques fois aussi, elle fait sur sa peau de mouton, mais aucune importance ; j’absorbe la majeure partie avec des mouchoirs puis lui redonne une tétée pour se rendormir.

Bien qu’assez actifs pendant ces vacances, l’EC n’en a pas trop été affectée. Au contraire, dans l’écharpe, en ballade, elle n’a presque jamais demandé à se soulager. Les « accidents » se passaient souvent plus lorsque je m’asseyais ! En y repensant, je crois que la communication était rompue lorsque je n’étais pas à l’aise avec l’environnement dans lequel nous nous trouvions. Une fois de plus, en étant détendue et consciente du lien avec Cerise, je me rends compte que l’EC marche bien !

Rencontrer des gens qui pratiquent aussi l’EC fait beaucoup de bien : cela nous renforce dans nos convictions, nous motive et nous permet aussi d’observer une autre communication, une autre façon de faire. On en profite pour s’échanger les « trucs » qui marchent ! Cela me fait dire que l’EC est plus facile à établir lorsque l’on vit en communauté où plusieurs personnes y participent et apportent leur expérience et où l’on permet à la mère de se centrer sur son enfant et ses besoins.

 

Confiance en soi et en son enfant est le maître mot d’une EC harmonieuse. Plus on y croit et l’on se dit que les accidents ne sont pas si graves et arriveront peu et plus l’EC se mettra naturellement en place.

 

Je comprends mieux maintenant ce que voulait dire Ingrid Bauer en parlant du lien invisible, inconscient qui existe entre la mère et son enfant qui pratiquent l’EC. Il est fort, puissant et tellement rassurant !

On se sent plus forte en pratiquant l’EC. Plus le temps passe, moins l’EC devient une contrainte, quelque chose auquel il faut réfléchir. Cela devient une seconde nature comme allaiter son enfant et c’est alors très satisfaisant ! Le retour en arrière n’est plus possible et mettre des couches à un bébé me semble maintenant complètement aberrant !

Ceci étant dit, il m’arrive de lui en mettre très ponctuellement, à des moments où notre vie moderne ne nous permet pas de faire autrement. Mais, cela reste très raisonnable !

 

Progressivement, Cerise adopte un rythme d’élimination durant la journée (ce que j’avais du mal à cerner au début).

Par ailleurs, je lui propose de se soulager dès qu’elle change de rythme (début ou fin de sieste, entrer dans l’écharpe ou en sortir, réveil la nuit…) ; et les pipis sur moi sont beaucoup moins nombreux !

Après de multiples tâtonnements, nous construisons notre propre communication. Les signaux évoluent aussi au fil du temps, certains restent, d’autres ne sont plus utilisés mais l’important est que nous les comprenons toutes les deux !

La communication non verbale est maintenant plus présente et plus riche qu’au début ; les regards, les postures (corps qui se raidit quand elle ne veut pas ou a fini de faire), les sourires qui signifie qu’elle a envie de se soulager ou qu’elle est satisfaite d’avoir fait…et peut-être même, que l’on se soit compris !

 

Quelle richesse ! Je ne peux que m’enthousiasmer de répondre à son besoin d’élimination. Malgré les difficultés du début – qui, selon moi, existent en majorité parce que notre société a oublié ce besoin - nous en tirons beaucoup de bonheur, autant pour Cerise que pour moi !

 

 




Dimanche 5 octobre

 

Plus j’avance dans cette communication, plus mes réflexions s’affinent, évoluent et s’adaptent.

Par exemple, Cerise commence aussi à se soulager au-dessus du pot ou des toilettes bien qu’elle continue encore à faire au-dessus du lavabo, le dos contre mon ventre et les jambes écartées (en position accroupie). Mais, je pense que je vais de plus en plus lui proposer de se soulager sur le pot ou les toilettes afin que mes poignées se détendent un peu ! Et puis, ses selles sont maintenant assez solides pour qu’elle les fasse sur un pot ou sur des toilettes.

La journée, notre communication est de plus en plus étroite et riche ; je me sens maintenant assez en confiance pour ne plus prendre une couche quand je sors ou je vois des amis ! Biensûr, il y a toujours des moments où je suis moins à l’écoute, mais cela ne dure jamais longtemps (pas plus d’une demi-journée). Plus je la porte, plus notre communication est étroite.

 

La rentrée et les activités pour Alice ont mis notre communication sur l’élimination  à l’épreuve ; il y a eu beaucoup d’accidents car j’étais un peu stressée d’aborder de nouvelles situations. Je voulais aussi en faire trop, être complètement investie avec ma première fille, Alice. J’en ai alors oublié les besoins de Cerise !

Cette situation m’est apparue au début encore plus compliquée à gerer (pour l’EC) que de rester à la maison. Ainsi, le fait de discuter avec les autres mamans m’a déconnecté complètement des besoins d’élimination de Cerise (et de ses besoins en général, je crois).

J’ai mis quelques semaines à prendre du recul et à m’adapter à cette nouvelle situation. J’ai réalisé que je ne devais pas être trop exigeante avec moi-même, que le plus important était qu’Alice sente ma présence même si je ne participais pas à toutes les activités et que je garde le lien avec Cerise même en discutant ! Evidemment, les activités manuelles, où il est indispensable que je m’investisse, sont difficiles à assumer pour le moment. Mais chaque chose en son temps ; Cerise est encore un bébé et elle a encore beaucoup besoin de moi. Je pense qu’il est important pour le moment de répondre à ce besoin, d’être aussi là physiquement pour Alice, de montrer à cette dernière que je l’aime toujours depuis la naissance de sa soeur (grâce à la tétée par exemple) et de lui offrir un exemple de maternage proximal. De l’extérieur, on peut penser que c’est peu d’investissement, mais c’est en fait l’aboutissement de beaucoup de réflexion, avec pour unique objectif l’épanouissement de mes enfants.

 

La communication sur l’élimination devient depuis quelques temps compliquée la nuit ; j’ai du mal à me réveiller pour qu’elle se soulage et d’autant plus pour Cerise ! Elle pleure et refuse de faire pipi quand je lui propose mais fait quelques minutes après sur sa peau de mouton ! 

Du coup, les pipis qu’elle fait sur la peau de mouton (en lien avec le nombre de tétées, relativement fréquentes), je les absorbe avec une grosse serviette éponge, ce qui laisse la peau presque sèche une fois la serviette enlevée. C’est tout de même plus pratique que les sopalins que j’utilisais avant !

Plus les nuits passent, plus je laisse Cerise me signifier si elle a envie que je l’emmène se soulager ; en général, en s’arrêtant de téter. J’ai l’impression que je dois la laisser  chercher elle-même la solution aux pipis qui la réveillent et la mouillent la nuit.

J’ai moi-même la conviction qu’il faut laisser le temps au temps et qu’elle arrivera de plus en plus à se “retenir” de faire pipi la nuit. D’ailleurs, cela fait quelques nuits qu’elle fait un peu moins pipi et qu’elle me signifie son besoin de l’emmener se soulager au petit matin.

 

 

Dimanche 26 octobre

 

Effectivement, depuis quelques semaines, Cerise fait beaucoup moins pipi la nuit ! Elle se réveille par contre systématiquement au levée du jour pour que je la mette sur le pot ! Quel bonheur de lui avoir fait confiance !

 

Baby legs afin de couvrir les petites jambes de bébé sans couches.
http://www.nappyneeds.co.uk/Clothing/Babylegs_Leg_Warmers/babylegs.htm























Par annabelle
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Dimanche 11 mai 2008



Vendredi 18 avril, la journée a été fatigante et stressante car notre ordinateur ne voulait plus s’allumer. Je n’ai vraiment pas envie que nous ayons à régler ce nouveau problème d’autant plus que j’aimerai finir ce récit de grossesse et lire mes derniers mails avant le week-end car je me dis qu’il y a de fortes chances pour que j’accouche ce week-end…

La nuit de vendredi, je n’arrive pas à dormir : j’ai des contractions régulières mais moyennement fortes…en tout cas, pas assez fortes pour penser qu’elles annoncent le travail !

J’essaye de me détendre et de me dire que malgré les désagréments ou les problèmes de la vie quotidienne, le bébé peut quand même venir : il n’est pas possible que tout soit parfait et que tous les détails soient réglés avant la naissance…il faut surtout avoir le courage de se lancer et accepter que le bébé arrive d’un moment à l’autre !

Le lendemain (le 19), même histoire : les contractions ne me quittent pas. Je me sens fatiguée, nauséeuse et j’ai mal à la tête… Je me sens comme sur du coton. Je suis déprimée et en même temps euphorique ; drôle de sensation… Mais la nuit porte conseil et nous verrons bien demain..

 

Le lendemain, je me réveille et petit bébé n’est pas encore arrivé. J’ai eu pendant la nuit quelques contractions douloureuses mais pas assez régulières pour me dire que le travail va commencer. La journée passe et je me sens en forme.

Lundi 21, je passe ma journée avec Alice à la maison ; j’ai besoin d’être proche d’Alice et de profiter d’elle le plus possible. Nous jouons tranquillement toute la journée, nous faisons une bonne sieste. Tout est tranquille, comme avant un orage…

Mardi, nous partons toute la journée dans Paris et je ne me ménage pas ! Mais, bébé veut encore rester au chaud.

Mercredi 23, je décide de faire de grosses courses afin de ne manquer de rien (mon corps doit sentir que c’est pour bientôt !). Je finis les dernières choses que j’avais à faire car je ressens qu’après, ce ne sera plus possible.

 

Le soir, je me sens fatiguée. Je n’ai pas pu faire de sieste et j’ai hâte d’aller rejoindre Sébastien au lit…

Mais à 23h30 précise, des contractions commencent à se faire sentir, régulières mais espacées (toutes les 10 minutes à peu près). Je les gère bien, je respire profondément et fais des mouvements amples vers le ciel avec mes bras. Je relève la tête et accompagne la contraction avec tout mon corps. Tout se passe bien.

Une heure après, j’ose enfin réveiller Sébastien (qui dormait profondément ! Cela me crève tellement le cœur de devoir le faire !) car les contractions augmentent vraiment en intensité !

Sébastien installe le lit dans le salon, je m’installe dessus et commence à accompagner les contractions dans toutes les positions possibles ; aucune d’ailleurs ne me convient vraiment ! En tout cas, je ne peux pas rester debout ; mes jambes ont du mal à me tenir. Et moi qui voulais bouger, me balancer, rester dynamique !

J’avais aussi prévu de mettre de la musique calme et douce, mais maintenant, je n’ai plus du tout envie !! L’accouchement ne se passera d’ailleurs pas du tout comme je l’avais imaginé !

A partir du moment où Sébastien me rejoint, les contractions se font de plus en plus intenses. Je les supporte de plus en plus difficilement. Sébastien coordonne tout et entre deux, me regarde d’un air désemparé. Je sens qu’il aimerait m’aider, me soulager un peu mais comment ? Moi non plus d’ailleurs, je ne le sais pas !

Je lui propose alors de prendre un bain, histoire de détendre l’atmosphère qui me semble un peu pesante ; Sébastien cherchant comment m’aider au mieux et moi, essayant de lui faire une place dans cet événement.

Mais, le bain que je pensais salvateur, ne me soulage nullement. Les contractions sont vraiment intenses et rapprochées (toutes les 3 minutes maximum). Grâce au bain, je pensais avoir des contractions moins douloureuses et ainsi pouvoir m’appuyer sur Sébastien, être plus proche de lui ! Mais, il n’en est rien ! J’ai tellement mal pendant chaque contraction ! Je ne trouve pas de position dans le bain pour être plus à l’aise, je décide donc de sortir.

J’ai alors vraiment du mal à revenir au canapé-lit : je dois me mettre à quatre pattes au sol à chaque contraction car mes jambes sont trop fragiles !

Je commence à sentir la peur monter en moi, vu l’intensité de mes contractions.

 

J’arrive à me mettre sur le lit à quatre pattes et accompagne la douleur de chaque contraction par des sons, plutôt graves et de moyenne intensité. Une sorte de lamentation avec des « a », des « o » et des « ou » expirés. Ca me fait du bien d’exprimer un peu ce que je ressens même si la douleur reste la même.

Plus le temps passe et plus mes « vocalises » augmentent d’intensité. Sébastien, voulant m’aider à supporter la douleur, me lance une ou deux blagues que je prends assez mal vu la douleur que je ressens (le pauvre !). Mais, je dois rester concentrer afin d’accompagner le mieux possible ces foutues contractions !

Pourquoi cela fait si mal ? Et pourquoi ne suis-je pas allée à l’hôpital pour avoir une péridurale ? Heureusement qu’à ce moment précis, je n’y étais pas, car j’aurais pu facilement me laisser convaincre !

 

Il est 2h30 du matin et Sébastien me demande si l’on appelle la sage-femme. J’hésite un moment puis accepte. En ligne, nous ne sommes pas très sûrs que Geneviève doive venir tout suite. Avec mon « je ne sais pas » quand elle me demande si elle doit venir rapidement, Geneviève reste (comme elle nous l’a dit plus tard) dans sa cuisine, à boire son café, en se demandant si elle fait bien d’y aller maintenant…

Elle arrive à 3h30 et je me sens soulagée. Je pensais tellement que j’arriverai à gérer les contractions toute seule, mais je m’aperçois que Geneviève est plus que la bienvenue !!!

Tranquillement, elle s’installe, parle avec Sébastien. Il lui propose un café, parle du stationnement de sa voiture, mais, moi, je n’ai qu’une envie ; qu’elle vienne me voir tout de suite, qu’elle se précipite vers moi afin de me soulager !!! Mais, biensûr, elle a l’habitude et sait que c’est à moi de donner sens à mon accouchement. Elle sait bien qu’il va y avoir encore de nombreuses contractions avant la poussée et que c’est loin d’être fini !!!

Quand elle vient vers moi, après avoir noté des commentaires sur le suivi d’accouchement,  elle me parle doucement et brièvement. Ses paroles me font du bien même si elles restent lointaines, ses massages dans les reins me soulagent. Sébastien me masse aussi mais je préfère qu’il pose ses mains chaudes sur mes reins afin de sentir sa présence.

 

Toujours effrayée par l’intensité des contractions, je lui demande de me dire à combien de dilatation je suis. J’ai tellement envie d’être rassurée, qu’elle me dise que je suis bien avancée !!!

Le verdict tombe : je suis à 9 ! Je suis presque à la fin de la dilatation ! OUF !!!

La descente de bébé va bientôt commencer, surtout que je commence à être fatiguée… J’ai de plus en plus de mal à supporter ces contractions !

Et puis, tout s’entremêle, la descente, la poussée, la douleur dans le bas du ventre et dans les reins… Les contractions augmentent encore et reviennent toutes les minutes ! Pas le temps de récupérer, la contraction passée, l’autre arrive encore plus forte ! Je me sens épuisée !

Vite, il faut que bébé sorte vite !!!

A ce moment précis, j’ai besoin de tenir la main de Sébastien. C’est tellement fort que je lui sert de toutes mes forces sa main. Je tremble de partout, mes mains, mes jambes. Je transpire, j’ai chaud : Sébastien m’essuie doucement le front.

Je ne sens pas vraiment la descente mais surtout la douleur qu’elle me procure. Le bouchon muqueux s’en va, puis, le liquide amniotique coule doucement. Sébastien essaye de me rassurer en me disant que c’est bientôt fini ; c’est vrai mais je voudrai tellement que ce soit vraiment fini que ses paroles ne me rassurent qu’à moitié !

Peu de temps s’écoule (environ 30 minutes) et mon ventre, mes abdominaux se contractent violemment tout seul. Mon corps sait ce qu’il a à faire et je n’ai qu’à le suivre.

Il faut que bébé sorte vite car je sens que j’arrive au bout de mes limites ! Quelques poussées et je sens bébé qui pèse sur mon périnée. Sa tête doit sortir à tout prix car je ne supporterai pas longtemps qu’elle stagne dans mon périnée puis à l’entrée de ma vulve.

 

Alors, j’attends la contraction et l’accompagne volontairement. Sa tête commence à sortir mais pas encore complètement. La prochaine contraction me semble trop loin, je pousse alors sans la contraction car je veux vraiment que sa tête sorte. Aidée de la contraction suivante, sa tête sort non sans avoir senti une brûlure et un étirement terribles de ma vulve. Ca fait tellement mal ! Une autre poussée et une épaule sort.

Geneviève me dit que bébé pleure. Elle me demande de pousser encore pour sortir l’autre épaule et je le fais dans un dernier effort. Maintenant, je n’ai plus de force et je n’arrive même pas à pousser le reste du corps ! Geneviève m’aide alors.

Elle me met le bébé sur mon ventre et le regardant venir sur moi, je crois voir un sexe masculin.

Bébé est tout chaud sur mon ventre. Il pleure doucement et ce, pendant plus de 10 minutes : il m’exprime ce qu’il a ressenti, peut-être la peur ou la douleur de certains moment. Mais ensuite, bébé s’étale sur mon ventre, détendu d’avoir pu se libérer de ses tensions de l’accouchement.

Sébastien et moi le regardons ensuite sur toutes les coutures et découvrons avec bonheur que c’est une petite fille !!! Nous lui souhaitons la bienvenue et nous nous présentons en tant que ses parents.

Elle est si différente d’Alice ; elle est potelée de partout ! Je regarde ses mains qui ont des petits bourrelets et je me rappelle alors les doigts d’Alice qui étaient longs et fins ! C’est vraiment un autre bébé avec des joues bien rondes et qui n’a pas du tout la même odeur qu’Alice à la naissance (c’est incroyable comme on se rappelle de l’odeur de la naissance, de l’utérus).

J’ai du mal à ne pas faire la comparaison avec Alice à sa naissance : je pense que je m’attendais à découvrir le même petit être mais c’est bien un bébé différent et donc rien n’est comparable ! En fait, sous cette attente, je m’aperçois que j’ai peur de ne pas la trouver aussi belle qu’Alice, de ne pas l’aimer autant… Mais le temps me donnera tord, heureusement. L’attachement aura lieu quelques heures après et les jours suivants car l’amour se construit et se renforce de jour en jour !

Quelques minutes après la naissance, Cerise commence déjà à téter. Cette première tétée durera plus de 15 minutes, ce qui m’étonne beaucoup car je me rappelle qu’Alice avait eu beaucoup de mal à téter à la naissance (elle ne l’avait fait que le lendemain de l’accouchement !). Encore un exemple des bénéfices d’un accouchement à domicile ou tout du moins non médicalisé, respecté.

Geneviève pèse la petite et elle nous annonce qu’elle fait 4 kilos 100 et 54 cm ; effectivement, elle est costaud !

Elle nous demande enfin son prénom, mais là, un silence s’installe, nous ne savons plus quel prénom lui donner. Nous le déciderons une fois que Geneviève sera partie : ce sera Cerise ! Un prénom qui n’avait été qu’évoqué quelques semaines avant la naissance. Mais, en la voyant si ronde et pleine de vie, Cerise est devenue une évidence !

 

Après l’accouchement, des tremblements me secouent tout le corps pendant plus d’une heure : ils sont dus à l’effort accompli et à l’intensité des contractions, me dit Geneviève. Ensuite, elle me recoud les petites lèvres qui sont déchirées (la piqûre anesthésiante et le fil qui passe dans ma vulve sont assez désagréables surtout après avoir supporté toute la douleur de l’accouchement).

 

Le placenta sortira quelques dizaine de minutes après, avec des poussées volontaires.

Ca y est la naissance est finie !

Je reste un peu sonnée par la force de mon accouchement. Mais, paradoxalement, nous discutons comme si de rien était avec Geneviève. Nous rions aussi. C’est aussi cela l’accouchement à la maison : un mélange de sensations fortes et de moments si « ordinaires » qui font partie de notre vie quotidienne ! 

Le jour commence à se lever et l’on entend alors les oiseaux gazouillés. Sébastien va chercher des croissants tout chauds et nous les mangeons tous ensemble sur le canapé-lit, en discutant et en regardant le jour se lever.

Un nouveau jour commence, une autre vie aussi, ce 24 avril 2008. Bienvenue sur notre terre ma petite Cerise ! 

Par annabelle
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Dimanche 11 mai 2008

Avec tous mes remerciements à Geneviève et à Sébastien, grâce à qui j'ai pu vivre une grossesse et un accouchement respectés.

L’avant grossesse, la période de transition

 

Symptôme de grossesse avant le début réel de la grossesse !!

Le 27 mai, c’est la date où j’étais sûre de vouloir être enceinte et je pensais vraiment l’être ! Ainsi, tout le mois de juin et début juillet, j’avais tous les symptômes de la femme enceinte : ventre qui gonfle, maux de ventre, seins très sensibles et réticence à faire téter Alice… Comme l’esprit est puissant!!!

 

L’aventure commence…

 

En fait, le début de ma grossesse a commencé 2 mois plus tard : le 2 août (mais cette date n’est que présumée). En pleines vacances évidemment, lorsque le corps et la tête se détendent. Nous avons passé des vacances très sportives et j’étais à ce moment-là, très en forme ! Au menu, vélo, marche, nage et course tous les jours.

Après avoir fait plusieurs fois le test de grossesse pendant ma période de « transition », j’ai réitéré un jour où Alice était avec moi : un peu nerveuse, j’ai attendu le relevé avec elle et à l’annonce des résultats, je lui ai dit « ça y est il y a un petit bébé dans mon ventre ».

J’en avais déjà parlé à Alice et elle connaissait notre envie d’avoir un deuxième enfant ; je ne sais pas pourquoi, mais je la sentais prête à recevoir cette nouvelle dès le début et même à en être heureuse. Je connaissais les risques de fausses couches en particulier au cours des premiers mois mais je n’avais pas envie d’attendre pour lui annoncer. J’avais envie qu’elle partage ces moments particuliers avec nous, dès le début. Maintenant.

Je me sentais déjà complètement dans ma grossesse, totalement investie…

 

Les difficiles trois premiers mois

 

La rentrée de septembre a apporté ses désagréments avec la course folle de notre vie urbaine (les transports, le travail…), les nausées qui me prenaient n’importe où et n’importe quand. Heureusement, en parallèle à ce rythme effréné, j’ai pu faire de longues siestes avec Alice lorsque l’on était à la maison ; blotties toutes les deux, nous étions tellement bien ! J’avais l’impression que nous hibernions ! D’ailleurs, toute la famille ne pensait qu’à ça ; Sébastien aussi semblait fatigué. Cela corroborerait ce que pense Michel Odent, à propos de l’influence des hormones de la femme enceinte : selon lui, elles peuvent aussi jouer sur l’équilibre hormonal du conjoint s’il existe, bien évidemment, une relation très étroite entre les deux membres du couple. 

 

Au  niveau des sensations, j’ai été surprise de sentir vers un mois ½, 2 mois, de subtils mouvements comme des petites vibrations, des petits coups très rapides au niveau du bas-ventre. Ce bébé était déjà bien présent en moi.

J’avais aussi l’impression que mes nausées avaient une utilité ; après que mon ventre se soit contracté et que l’envie de vomir soit passée, je sentais le bébé « bien en place » dans mon ventre, plus « haut » qu’il ne l’était avant l’épisode des nausées… Serait-ce un des bénéfices de ces moments difficiles ? En tout cas, ça me donnait du courage pour mieux les supporter.

 

 

Le second trimestre, de l’incertitude à la RECHERCHE de l’épanouissement, de la sérénité

 

Puis, les trois mois fatidiques sont passés ; l’écho du premier trimestre nous a montré une petite crevette qui bougeait bien, pleine de vie.

Pourtant, les deux mois qui suivirent furent un peu stressant car je faisais de l’hypertension : j’avais peur pour le bébé et pour l’accouchement à la maison… Mais en y réfléchissant bien, je comprend que cette hypertension est en lien avec ce que je ressens ; toutes mes émotions sont à fleur de peau, la moindre contrariété ou le moindre stress me met dans un état évident de fébrilité… après de nombreuses discussions avec ma sage-femme et mon ostéopathe, j’ai pu libérer certains nœuds émotionnels et me sentir plus détendue.

Je pense vérifier ce que me disait mon ostéopathe ; « le premier enfant hérite de l’histoire de la famille et le second de ses émotions ». Etant moi-même la deuxième de la fratrie et cet enfant à venir, le deuxième, mes émotions et celles du bébé se surajoutent.

Toutefois, je voudrai par dessus tout éviter de transmettre des émotions négatives à mon bébé ; ainsi, je me répète régulièrement de « LAISSER COULER », de me donner des priorités et de ne pas accorder d’importance à ce que les autres pensent.

Autre conséquence de cette hyper-réactivité émotionnelle, vers 4 mois ½, 5 mois de grossesse, je me réveille la nuit, toute énervée. Je me tourne et me retourne sans pouvoir m’arrêter. Et bébé bien sûr est en pleine effervescence. Il bouge dans tous les sens et ne s’arrête que lorsque je réussis enfin à me détendre. Quelles nuits !! Cette nuit justement, celle du 9 janvier 2008, je lui ai parlé, l’ai caressé et cela a eu l’air de le calmer…

 

Je ressens ce bébé à venir très réceptif à ce que je lui dis, et surtout à ce que je ne lui dis pas (à ce que j’éprouve, à ce que je pense). La connexion s’est établie.

C’est comme si un 6ème sens nous reliait tous le deux : pas besoin de lui parler, mes émotions, mes affects, mes pensées sont tout de suite « assimilés » par ce petit être.

Pour preuve, avant la deuxième échographie (fin décembre 2007), nous avons discuté avec Sébastien sur le fait de demander le sexe ou non du bébé ; pour moi, c’était clair, je ne voulais pas le savoir. Sébastien, lui, hésitait. Plus tard, il m’a annoncé qu’il souhaitait le demander car « il voulait se préparer si c’était un garçon ». Je respectais son choix et lui demandais de ne pas le divulguer à notre entourage, mais en même temps, j’étais un peu déçu qu’il le demande. Je veux que ce bébé soit seulement et surtout UN BEBE, le fruit de notre amour et qu’importe le sexe car nous l’aimerons autant. Je pense aussi que nous projetons beaucoup de représentations, de stéréotypes (conscients et inconscients) sur le sexe du bébé et que cela entrave la véritable nature de l’enfant à venir. Enfin, sa santé et son bien-être me semblaient plus importants que de savoir son sexe, ce que les gens ont malheureusement tendance à perdre de vu, les progrès techniques pouvant nous faire parfois rater l’essentiel.

J’ai donc plusieurs fois expliqué ma position à mon entourage et à Sébastien, je lui ai aussi exprimé mon sentiment par rapport à ce qu’il souhaitait et, en riant (mais en fait, qu’à moitié !), je lui disais que j’aimerais bien que l’on ne voit pas le sexe du bébé lors de l’échographie. Et c’est exactement ce qui s’est passé ! Le bébé a montré son dos et ses fesses pendant toute la durée de l’échographie ; aucune chance de voir son sexe malgré sa grande activité par ailleurs ! Coïncidence, je ne pense pas !

 

Bref, ce futur bébé nous sent, nous ressent, moi, Alice et Sébastien et réagit à chacun d’entre nous. Surtout lorsque nous mettons la main ou les lèvres tout contre mon ventre, le caressons et lui parlons tout doucement.

Je me rend compte que ce bébé est mentalement beaucoup plus présent en moi, qu’il me semble plus « réel », que je le considère plus comme un être à part entière que ce n’était le cas pour Alice. Peut-être parce que j’ai déjà connu une grossesse et qu’une enfant formidable en est née.

 

Paradoxalement, la naissance me paraît loin, très floue et je n’arrive pas à me projeter dans cet instant. Je n’arrive pas à savoir ce qu’il me faudra le moment venu ; j’ai l’impression pour l’instant de n’avoir besoin de rien pour l’accouchement, la naissance et de toute façon, de ne pas vouloir réfléchir à cela. J’ai juste envie de me sentir bien dans cette grossesse, de me déconnecter, de ne plus intellectualiser. Je me dis que tout viendra naturellement, à point nommé. J’ai envie de faire confiance à cet enfant qui saura me guider car il sait ce dont il a besoin. Et quand je pense à l’hygiène naturelle, je suis tentée de me dire la même chose…

 

Un dernier mot sur le temps et la grossesse.

Encore plus que pour la première, j’ai l’impression que le temps s’est ralenti. Je n’ai vraiment pas envie de courir ; à quoi bon ? Et de toute façon, je n’y arrive plus !

Je relativise beaucoup plus ma vie et prend plus le temps d’apprécier les différents moments de la journée. Paradoxalement, je suis moins en retard que d’habitude car je me donne des priorités afin de moins surcharger mon emploi du temps.

D’un autre côté, ma deuxième grossesse me semble passer beaucoup plus vite que la première : je n’arrive pas à réaliser que je suis déjà à plus de 5 mois. Peut-être parce que j’ai moins le temps de penser à moi et au bébé car cette fois-ci, je dois aussi être présente pour Alice.

 

Mon ventre me pèse de plus en plus et je me sens quelquefois aussi lourde qu’en fin de grossesse… ce qui m’effraie un peu pour les derniers mois !!!

 

En relisant le titre de ce chapitre, je m’aperçois que je suis dans le vrai : quelques mois plus tard, je me rend compte que ce deuxième trimestre est la recherche constante de la sérénité et du bien-être. Malheureusement, ce leitmotiv est très difficile à réaliser car notre vie est vraiment trop stressante : le travail, les activités avec Alice loin de chez nous, les temps de transport ou de voiture qui nous épuisent et empiètent sur une bonne partie de la journée !

J’ai donc peu de temps pour penser au bébé et ça me frustre énormément !!!

 

L’atmosphère devient de plus en plus électrique, je commence à avoir du mal à dormir la nuit : plus les jours passent et plus j’ai de « l’impatience » ! C’est terrible !!! J’essaye de me détendre, d’inspirer, d’expirer mais rien n’y fait ! Avec du recul, je pense que le bébé veut me dire de ralentir ce rythme effréné : de me retirer de ce monde où tout va trop vite !

Mais impossible, je suis dans une essoreuse et je n’arrive pas à en sortir !!

Ainsi, l’impatience ne me quitte pas de la nuit lorsque ma journée a été trop remplie ! Dur, dur ! D’autant plus que je commence à me sentir fatiguée avec ces nuits d’insomnie et ces journées de course !

 

Malgré un ventre déjà bien rond et proéminent (il est vraiment en avant !), je me sens bien physiquement et surtout, je sens que le bébé s’épanouit dans mon ventre. Il grossit à vue d’œil et prend ses aises dans mon utérus ! Mon ventre n’a jamais été aussi en avant et gros, même à la fin de ma grossesse avec Alice ! Je me demande comment vais-je être à la fin et ça m’inquiète un peu !!

 

 

 

Le troisième trimestre : stress et libération avant le grand saut !

 

Ce dernier trimestre ne commence pas dans les meilleures conditions qui soient : je cours toujours beaucoup après le temps, je trouve peu de temps pour me détendre, profiter d’Alice et du bébé. Ca y est, je veux arrêter le travail au plus vite !!

Mais en même temps, je ne veux pas partir n’importe comment. Je veux laisser toutes les infos nécessaires à mes collègues ; cela me prend du temps et me stresse pas mal !!

Quelques épisodes physiques difficiles : une ou deux semaines avant la fin du travail, une sciatique me lance intensément du côté droit lorsque je suis en position assise. Encore un signal de bébé pour me dire qu’il est temps d’arrêter de travailler à l’extérieur !! D’autant plus que je n’ai aucune douleur debout ou allongée ! Bébé sait vraiment ce qui est bon pour nous deux et me le rappelle régulièrement !!

 

Finalement en congé pathologique (début mars), nous partons au Maroc ; voyage assez agréable dans l’ensemble mais peu reposant ! En tout cas, bébé ne veut pas sortir maintenant car nous prenons souvent la voiture (avec des routes souvent bosselées ou des conduites un peu sport ! ) et nous marchons pas mal durant ce séjour !

Le point positif de ce voyage est que je prends le temps de penser à moi, de me chouchouter physiquement : avec hammam, pédicure, manucure et coiffure, rien que cela ! Ca me fait vraiment du bien ! Le point négatif : je dors encore plus mal la nuit. Bébé aurait-il envie de farniente ? Je le pense d’autant plus qu’Alice nous sollicite beaucoup ; c’est vrai qu’il n’y avait pas d’autres enfants avec nous en vacances mais tout de même, depuis quelques temps, j’ai l’impression qu’elle voudrait que l’on ne soit là que pour elle. Que l’on profite de ces derniers moments tous les trois…

 

Je sens toujours le bébé bouger beaucoup (surtout la nuit, me rappelant que je devrais plus me reposer, me détendre le journée). Il m’appuie de plus en plus sur le devant du ventre ; mon nombril me fait mal car il appuie beaucoup à cet endroit.

Je le sens vraiment à fleur de peau ; ses fesses qui m’appuient sur le nombril, ses mains et surtout ses pieds toujours du côté droit qui bougent sans cesse !

Après une phase de mouvements très rapides (pendant le deuxième trimestre et le début du troisième) qui m’inquiètent d’ailleurs parfois - je me demande s’il se sent bien et si je ne le stresse pas avec ma vie toujours sous tension ? -  ses déplacements se font beaucoup plus lent et doux. C’est si agréable et réconfortant. Je sens l’amour monté de plus en plus en moi pour ce petit être qui sera bientôt parmi nous ! Je l’aime !

 

Le retour de voyage au Maroc met mes nerfs à rude épreuve : je réalise maintenant qu’il ne me reste plus beaucoup de temps avant la naissance et que je n’ai encore rien préparé, rien fait de ce que je voulais régler avant que bébé arrive !! Aïe, aïe, aïe, je me sens super mal !

Cette angoisse est d’autant plus forte que je ne trouve pas le temps de m’y atteler la journée. Je passe alors mes soirées à m’activer dans tous les sens ! Sébastien ressent lui aussi ce stress et l’absorbe en partie !

Heureusement, grâce à Sébastien, ma mère et à des amies, je trouve quelques moments pour « avancer » afin de me sentir libérer de ces contraintes. Ces dernières, je le sais, n’existent que parce que je suis trop exigeante. Mais je n’arrive pas à les évacuer et je me sens obligée de les accomplir pour m’accorder enfin du repos !

 

Et deux semaines plus tard (et de nombreuses journées et nuits épuisantes !), je suis enfin libérée ! Je me sens enfin plus sereine ! Je pense plus au bébé et j’essaye au maximum de profiter d’Alice, de faire de nombreuses activités avec elle avant la naissance.

Je dors un peu mieux (malgré quelques nuits encore mouvementées) et j’attends nos vacances à la montagne avec impatience !!!

Comme me le disait la sage-femme, Hélène Boyé, « c’est un beau cadeau que vous faites au bébé d’aller à la montagne !! ». Je ne m’en étais pas rendue compte mais c’est vrai que l’on va se faire plaisir, Alice, bébé et moi. Je sais que ce sera un moment privilégié avant la naissance. Je sais aussi que je ne risque pas d’accoucher pendant cette période.

Après cette semaine à la montagne, par contre, je pense être prête à accueillir mon, notre bébé... Je sens que mon accouchement va bien se passer…le plus naturellement du monde ! Dans la chaleur de la maison, en intimité, sans pression.

J’ai confiance en mon bébé et je sais qu’il me guidera : je n’ai plus qu’à l’écouter.

 

 

Les toutes dernières semaines

 

La semaine à la montagne a été bénéfique pour bébé, Alice et moi. J’ai pu profiter d’Alice à 100 % (être tout entière à elle) et donner de l’énergie au bébé grâce à l’air pur de la montagne et aux balades que nous avons faites chaque jour. Par contre, l’impatience me poursuit toujours toute la nuit !

Chose incroyable, une fois rentrée, alors que le bébé était encore bien haut et me laissait marcher sans problème à la montagne, je me sens à présent lourde, très lourde !! Il me pèse vraiment sur le bas du ventre, m’appuie sur l’entrée du bassin à droite ; j’ai du mal à marcher, encore plus d’avoir de l’énergie pour m’occuper d’Alice !

Ces signes me disent que le terme se rapproche plus vite que prévu ; c’est en même temps excitant et stressant car je ne me sens pas complètement prête !!!

Je lui demande d’attendre encore quelques jours…deux semaines, ce serait parfait. Mais on ne peut pas décider de la date de naissance de son bébé !!

Je me rend compte que pour être prête, je dois lui faire de la place, penser à l’accouchement, le visualiser, trouver un moment pour en parler avec Sébastien et Alice. Nous avons besoin tous les trois d’être prêt psychologiquement plus que matériellement ou logistiquement !

Il faut aussi que je me mette moins de pression et que l’on profite de ces derniers jours ou semaines!

Les jours avancent et nous sommes de plus en plus prêts. Cela fait 2 week-ends (37 et 38ème semaine de grossesse) que je m’active comme une folle pour finir les derniers préparatifs de l’accouchement : j’achète tout ce qu’il nous faut à la pharmacie, je prépare ces vêtements, j’organise le coin d’accouchement, je rédige mon récit de grossesse.

Je m’aperçois que je ne veux pas m’encombrer de trop de choses matérielles pour le bébé. Le mot d’ordre : être le plus possible avec lui !

 

Je pense à Alice et j’ai un peu peur qu’elle tourne en rond après la naissance de bébé ; j’ai peur de ne pas avoir la disponibilité ni l’écoute pour être avec elle. Je me repose de plus en plus sur Sébastien. Je crois qu’il prendra facilement le relais surtout en congé paternité ; d’ailleurs, tous les week-end, il se consacre complètement à Alice et ça me rassure beaucoup. Il est de plus en plus présent pour moi et pour Alice et endosse de nombreuses responsabilités : je l’en remercie infiniment car je sens qu’il comprend ce que je vis en ce moment ! Je l’aime !

 

Cette semaine, la 38ème, je sens de plus en plus le bébé qui s’agite la nuit ; il pousse avec sa tête sur ma vessie et dans mon bassin, ce qui m’oblige à me lever souvent pour aller aux toilettes. Je dors assez mal et j’ai toujours mes « influx nerveux » (et non mon « impatience » comme me le soulignait Isabelle, mon ostéopathe). J’ai l’impression que je vais accoucher chaque nuit…mais chaque matin arrive et le bébé n’est pas encore là…

Je m’imagine vraiment accoucher la nuit et rapidement…

Je sens mon corps se préparer petit à petit à la naissance. Mon bassin s’élargit, j’ai mal en haut des cuisses…

Pour le phytothérapeute, ce n’est qu’une question de jours….

 

Ce week-end (le 19/20 avril), il y a une pleine lune. Je me sens prête à l’accueillir et Sébastien aussi. Tout est fin prêt, le sera-t-il lui aussi ? Comme me le racontait une amie, elle a eu la conviction que sa fille avait attendu que son père ne soit plus malade pour naître. Je pense aussi que bébé va sentir que nous l’attendons vraiment maintenant.

 

Je suis détendue car j’ai envie de faire confiance à mon enfant pour cette naissance et pour la suite de sa vie. J’ai envie de l’écouter et d’être la plus proche possible de ses besoins.

Mardi dernier (le 15 avril), Isabelle me disait que mon poumon droit était bloqué et qu’elle sentait que je cherchais ma place dans cette vie. C’est vrai, j’ai envie de faire des projets, de changer de vie, d’y insuffler une nouvelle bouffée d’oxygène. Je sais que nous ne resterons pas à Paris toute notre vie et le fait de partir avec nos deux enfants nous fera le plus grand bien. Ce bébé apportera du changement, j’en suis sûre !

Par annabelle
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Dimanche 11 mai 2008

Après 3 jours de méconium et de couches, je commence sûre de mon choix mais en même temps, un peu inquiète, de la mettre les fesses à l’air…

 

 

 

 

Samedi 26 Avril

 

Elle reste pratiquement toute la journée sans couche mais, biensûr, les pipis coulent le long de ma jambe ou directement sur le parquet.

Je lui mets une alèse sous elle et régulièrement, on constate des pipis et quelques cacas dessus.

Lorsque Geneviève arrive le soir, elle me fait deux pipis sur moi dont un, que j’avais presque senti venir (mais trop tard !!). Par contre, et cela m’étonne toujours, j’arrive, en lui proposant au lavabo, à ce qu’elle fasse deux selles d’un beau jaune or. Quelle satisfaction ! Je contracte mon ventre contre son dos et elle en fait tout de suite autant. Le signal est clair pour elle. Je lui répète aussi plusieurs fois le mot « caca » et le son « hum » en même temps qu’elle fait.

La nuit, je lui mets tout de même une couche et lui propose - quand j’arrive à me réveiller à temps ! – de faire caca dans son pot, à côté du lit. Ce qu’elle fait assez facilement ! Par contre, pour les pipis, je n’arrive pas à les sentir avant qu’ils arrivent : lorsque je la mets au pot en faisant le son « ssss » caractéristique du pipi qui coule, rien ne se passe..

Mais il ne faut tout de même pas exagérer !!!

 

Dimanche 27 avril

 

Nous allons chez ma mère et je la laisse les fesses à l’air la plupart du temps. Mais rien ne marche : elle fait pipi sur moi plusieurs fois sans que je pressente quelque chose. Aucun signe n’est détecté ! Je pense que la pression est trop grande car nous ne sommes pas chez nous, j’ai la hantise qu’elle fasse sur un canapé et puis, j’ai tellement envie de prouver que l’hygiène naturelle n’est pas une lubie ! Non, là, ça ne pouvait pas marcher !!! J’étais trop focalisée sur la réussite et non sur la compréhension des signaux que m’envoient régulièrement ma fille pour me signifier ses besoins ! Malgré tout, elle fait deux cacas dans le lavabo !

Le soir, je remets une couche à Cerise mais elle me réveille dans la nuit pour me signifier qu’elle a envie de faire caca : et une belle selle jaune coule dans le pot ! Confiante, je lui enlève sa couche, mais sans trop protéger notre lit ! Je passe alors une nuit exténuante, angoissée à l’idée qu’elle fasse dans le lit. Je me réveille toutes les 5 minutes pour vérifier qu’il n’y a rien et n’écoute pas du tout ses signaux !!! Du coup, Cerise dort aussi très mal cette nuit !

Je crois que pour l’instant, les couches s’imposent car cela me stresse trop si elle n’a rien et je n’ai pas encore envie d’enlever ou de nettoyer pendant la nuit ce qui est souillé ! D’autant plus que Sébastien supporte assez mal les « accidents ». Trop de pression empêche la progression !!

 

Lundi 28 avril

 

J’alterne couches et fesses à l’air la journée tout en essayant, même avec les couches, de « détecter » lorsqu’elle a envie. Les selles sont plutôt faciles à repérer et malgré des petites tâches dans ses couches ou sur l’alèse, j’arrive à l’amener à temps ou à lui proposer de faire une selle au lavabo. Par contre, je n’arrive pas du tout à repérer ses signaux indiquant son envie de pipi. Je pense que je suis trop focalisée sur le fait de repérer son envie de pipi ou caca et puis, je culpabilise encore lorsque Sébastien constate des « accidents » (puisqu’il est avec moi toute la journée, il participe aussi à l’hygiène et ses petits désagréments !). Je n’arrive pas à avoir du recul, je stresse et je n’écoute pas beaucoup Cerise.

Ce qui nous convient pour le moment, c’est que je propose à Cerise de faire une selle ou un pipi et pour les selles, cela marche plutôt bien.

Le soir, j’essaye un nouveau système en mettant superposées une peau de mouton, une feutrine et une serviette (rien que cela !) sous elle afin d’éviter que notre lit soit mouillée ou souillée. Sur ses fesses, je lui mets un lange qu’elle trempe en deux temps trois mouvements : cela me décourage complètement et je préfère alors lui remettre une couche pour la nuit !

Cette nuit-là, avec tout ce que j’ai mis sous elle, j’ai du mal à trouver une place dans le lit : je dors à cheval sur notre futon et son petit « lit »… Pas très confortable ! D’autant plus qu’Alice me colle littéralement, allonge ses bras ou ses jambes sur Cerise ou sur moi !

 

Mardi 29 avril

 

Je la laisse toute la journée sans couche et décide de la porter plus souvent afin de sentir les signes avant-coureurs du pipi ou du caca. J’essaye de me détendre un peu face à cette expérience et je me dis que ses pipis ne sentent rien et que finalement, ils sèchent assez vite (même en la gardant sur moi en écharpe alors qu’elle vient de faire !). Cela me rassure un peu…Pour les selles, c’est vrai que cela tache plus mais avec du savon de Marseille et un peu de javel en spray, ça part très bien !

Ces considérations me rappellent que nous ne sommes pas dans des pays où le bébé peut faire par terre sans souci ! Encore une difficulté de notre monde occidental aseptisé et materialiste !!!

Un peu rassurée,  je me sens plus confiante pour lui laisser les fesses à l’air. Par contre, la nuit, je continue à lui laisser une couche car je ne me sens pas encore prête. Et j’ai tellement envie de faire une nuit un peu plus reposante !

Malgré la couche, j’essaye d’écouter ses signaux la nuit et arrive assez facilement à détecter ceux pour les selles. Pour les pipis, toujours la même chose, il m’est difficile de réagir avant qu’elle fasse ! Les signaux doivent être très subtils. Elle dort à moitié en faisant pipi,  contrairement aux selles où j’ai l’impression qu’elle se réveille quelques secondes avant.

 

Mercredi 30 avril

 

Je la laisse toujours les fesses à l’air la journée et je crois que je commence à détecter quelques signaux de pipi ; elle fait un petit bruit (comme un petit chat !) pour me prévenir. Mais, bon, cela ne marche pas à tous les coups et la plupart du temps, j’arrive trop tard. Restons optimiste, 2 pipis détectés à 1 semaine de vie, c’est déjà super ! En plus, avec la peau de mouton sur laquelle je la mets, elle reste bien au sec. On ne voit et ne sent rien!

Je lui remets une couche la nuit tout en essayant de rester connectée. Toutes ses selles vont dans le pot maintenant. Les pipis restent par contre eux, dans la couche ; elle en fait 6 ou 7 dans la nuit et je me réveille toujours après coup ! Difficile de réagir vite quand on est encore endormie, d’autant plus que mes déchirures aux petites lèvres sont encore sensibles !

 

Jeudi 1er mai

 

« L’hygiène naturelle, ça marche quand on est prêt dans sa tête » me disait une amie. Je le confirme, quand on se laisse aller et que l’on écoute son enfant sans être angoissée par les « accidents », tout semble beaucoup plus simple. Je commence aujourd’hui à me détendre et à me détacher de toute volonté de « réussir » cette expérience. Le but premier n’est pas que Cerise soit propre mais bien de vivre quelque chose de différent face à ses besoins d’uriner et de déféquer. 

Je détecte maintenant ses signaux pour les selles assez facilement : elle s’arrête de bouger, a le regard fixe, elle peut aussi se tortiller de tout son corps et faire un bruit comme si elle poussait.

Concernant le pipi, des signaux très fins commencent à émerger : des petits bruits avant-coureurs me préviennent quelques fois mais c’est encore difficile d’y être à l’écoute !

Cet après-midi là, je vais chez une amie et mets une couche à Cerise pendant tout le temps de notre rencontre ; lorsque nous rentrons à la maison,  je me sens enfin soulagée de lui enlever sa couche, comme si elle l’emprisonnait et l’empêchait de respirer. C’est incroyable, on ne peut plus revenir aux couches lorsque l’on commence l’hygiène naturelle. On sent que l’on donne le meilleur à son enfant et que ne pas lui offrir cela, le prive vraiment de quelque chose d’unique !

La nuit, je ne lui mets pas de couche et me réveille régulièrement en lui proposant de faire pipi ou caca ; mais ce système est épuisant et je ne dors pas beaucoup cette nuit-là ! Il faut donc que je trouve une autre système sous peine d’être trop fatiguée !!!

 

Vendredi 2 mai

 

Le réveil est plus que difficile et j’ai un peu de mal à rester connecter avec ma fille face à ses besoins d’uriner et de déféquer. J’arrive malgré tout plus ou moins à temps pour les selles. Je la mets souvent sur sa peau de mouton et du coup, je me détends car elle absorbe vraiment bien l’urine. Le nettoyage est aussi plus que facile : sécher un peu avec une serviette et dans l’idéal, au soleil.

Je repère deux ou trois pipis grâce à des bruits aigües et des petits mouvements de la tête de Cerise. Je constate aussi qu’elle tire parfois la langue avant d’uriner. Par contre, à d’autres moments, elle fait pipi en même temps qu’elle dort ou commence à se tortiller qu’une fois qu’elle fait. Pas facile de rester au sec !

La nuit, je lui remets la peau de mouton sous ses fesses avec une alèse au-dessus et elle passe la nuit avec. J’ai l’impression qu’elle fait moins de pipis dessus. Par contre, je me réveille moins souvent pour lui proposer le pot car je remarque peu de signaux.  Et quand je me réveille et lui propose, elle ne fait rien dans le pot.

Je préfère ne pas la réveiller souvent car elle commence à me faire remarquer (par des pleurs) que cela la dérange ! A que cela ne tienne, je la laisse me signifier quand elle est dérangée par le fait d’être mouillée… et à priori, elle arrive à dormir quand même paisiblement avec un pipi sous elle ! Cette nuit-là, en tout cas, nous dormons mieux toutes les deux.

Par contre, nous devons revoir notre système de co-dodo car Cerise et Alice me laissent peu de place pour dormir… L’éducation respectueuse des enfants demande de se remettre en cause régulièrement.

Concernant les selles, elle n’en fait qu’une dans la nuit et dans le pot ! Youpi !

 

Samedi 3 mai

 

Ce matin, je laisse dormir Cerise dans le lit familial car je n’ai pas envie de la réveiller ; je pensais les jours d’avant être plus à son écoute si je la sortais du lit et la mettais à côté de moi dès le réveil (dans le salon pour prendre le petit déjeuner) mais je m’aperçois qu’avec le temps, cela n’est pas forcément concluant et je prive Cerise de plus de temps de sommeil ! J’essaye donc juste de venir écouter régulièrement si elle me signifie quelque chose.

Elle est un peu énervée aujourd’hui et veut téter ou être portée presque tout le temps. Entre les pleurs pour être portée, pour téter et pour déféquer, je n’arrive pas à bien distinguer ses besoins !

Néanmoins, elle fait une selle dans le lavabo après m’avoir bien signifié qu’elle avait envie. Par contre, les pipis sont tous loupés ! Il faut vraiment que je me centre sur la communication et l’écoute de Cerise ! Il faut que je lui fasse confiance sans avoir à vérifier régulièrement si elle a fait pipi !

Le soir, Cerise se réveille à 22 heures et demande à téter assez frénétiquement : je commence à me dire qu’elle a des choses à évacuer et que peut-être la tétée pour la calmer n’est pas la solution ! Elle se rendort tout de même mais tètera beaucoup cette nuit-là ! Elle ne fait pas de selle de la nuit et les pipis vont tous sur l’alèse ! Je crois que cette nuit, elle fait la grêve des signaux ! Peut-être est-ce le fait de la mettre en-dehors du lit, sur sa peau de mouton, juste à côté de moi ? Elle ne me sens plus (et moi non plus d’ailleurs), bloquant ainsi toute communication ? Je la sens trop loin de moi : la nuit prochaine, tant pis, nous serons tous serrés les uns aux autres, mais Cerise dormira tout près de moi !

 

Dimanche 4 mai

 

Ce matin, Cerise fait un caca suivi d’un pipi dans le pot ! Je remarque qu’aujourd’hui, elle pleure lorsqu’elle a besoin ! Du coup, Sébastien repère aussi 2 pipis pendant qu’il l’a dans les bras (et il en est tout fier !). Mes beaux-parents apportent ensuite à déjeuner et passent l’après-midi avec nous. Le début du repas est assez épique : étant moins connectée à elle car je discute avec nos invités, elle me fait 2 pipis et 1 caca sur moi ! Eux qui regardent déjà d’un drôle d’air l’hygiène naturelle, cela ne les rassure guère ! Enfin, je sais à quoi sont dus ces accidents : c’est déjà cela !

Le reste de l’après-midi, Cerise dort paisiblement et elle fait seulement 1 pipi sur l’alèse. Ensuite, elle fera 1 caca suivi d’un pipi dans le pot : après avoir pleuré pour m’avertir ! Même chose le soir !

Ayant remarqué qu’elle était spécialement énervée le soir, je la fais téter de nombreuses fois puis je décide de la prendre dans mes bras afin de vérifier si elle  a besoin de pleurer. Elle pleure alors intensément et Sébastien me relaie dans cette écoute. Elle s’endort ensuite tranquillement…

Cette nuit, Cerise se réveille deux fois pour téter et je lui propose à chaque fois : elle fait une fois une selle. Sinon, tous les pipis vont sur l’alèse. J’ai quand même l’impression qu’elle fait moins pipi la nuit.

 

Lundi 5 mai

 

Après deux pipis et un début de caca sur moi (à chaque fois que je suis au téléphone ! Je crois qu’elle sent lorsque je ne suis pas disponible !), elle fait ensuite un caca suivi d’un pipi dans le pot. Elle me signifie maintenant ses besoins en grognant ou en commençant à pleurer et à se tortiller : j’ai l’impression qu’elle le fait maintenant autant pour les selles que pour l’urine. Je les repère donc plus facilement et peut l’amener à temps au lavabo. Je remarque aussi que lorsqu’elle s’arrête de téter ou refuse le sein (en le poussant avec sa langue !), c’est souvent parce qu’elle a envie d’aller au lavabo !

Nous partons dans l’après-midi au parc et elle me fait un pipi et un début de caca dans l’écharpe car je discute avec quelqu’un (je ne suis pas assez concentrée !). Mais ensuite, elle ne fait rien pendant plus d’une heure et demi et se réveille juste pour me signifier un caca. Elle fait donc dans le pot, les fesses à l’air dehors : c’est une journée très agréable et je peux donc en profiter ! Je trouve que le printemps (ou l’été) est vraiment une période favorable pour commencer l’hygiène naturelle !

Elle dort depuis que nous sommes rentrées du parc et se réveille dans la soirée. Elle est très énervée et tète difficilement. Je l’écoute beaucoup pleurer ce soir-là. La communication sur ses besoins est difficile et la plupart du temps, je rate ses pipis : je remarque peu de ses signaux à part ses pleurs mais qui ne m’avertissent pas de son envie d’uriner ou de déféquer. Elle s’endort tard dans la nuit et se réveille régulièrement en pleurant. Je lui propose à chaque fois le pot mais ne fait rien dedans et fait surtout sur l’alèse. Elle fait toutefois une selle dans le pot.

 
Mardi 6 mai

 

Je suis fatiguée ce matin et les signaux sont difficiles à repérer. Il faut être détendue et disponible pour que la communication s’établisse. Mais, au fil de la journée, lorsque j’ai plus de temps à lui accorder, je repère plus de pipis et de cacas. Je remarque aussi qu’elle arrive à se retenir de plus en plus longtemps sans avoir besoin de se soulager, lorsqu’elle dort ou est dans l’écharpe.

Par contre, si elle sent que je ne suis pas disponible ou que je suis stressée, rien ne marche ! Les bébés sont très sensibles à l’humeur et l’état d’esprit de leur mère. Cerise, comme tous le bébés, est en symbiose avec moi et ressent donc la même chose que moi !

Le soir, elle se réveille énervée et veut téter toutes les 5 minutes. Du coup, elle me fait pipi plusieurs fois dessus tout en pleurant. Je décide alors de l’écouter pleurer et là, elle se lâche ! Une bonne série de pleurs bien intenses et elle s’endort ensuite comme un petit ange.

Epuisées toutes les deux, nous dormons non stop jusqu’au matin : elle fait un ou deux pipis dans l’alèse pendant la nuit.

 

Mercredi 7 mai

 

Après une nuit assez reposante, nous passons une matinée tranquille où je repère bien ses signaux de pipis : elle s’arrête de téter ou commence à pleurer ou à « grogner ». Pour les selles, elle se tortille et en général, attend que je comprenne les signaux pour se libérer.

Cet après-midi, nous allons chez le pédiatre et je lui mets une couche pendant presque 2 heures ; elle attendra que je l’enlève pour faire caca !

Je remarque aussi que les selles sont souvent plus faciles à venir que les pipis quand je lui propose.

Je repère de mieux en mieux ses signaux de pipi mais j’ai encore du mal à lui proposer quand elle dort car j’ai peur de la réveiller ! Souvent, je vois après coup, qu’elle a fait pipi sur l’alèse : il faut que je me fasse confiance !

Je ne me réveille pas aux bons moments cette nuit-là pour lui proposer de faire pipi : elle fait donc la plupart du temps sur l’alèse. Les selles sont par contre de plus en plus faites dans le pot.

 

 

Jeudi 8 et vendredi 9 mai

 

Cela fait deux jours que je sens de plus en plus une connexion entre Cerise et moi : je détecte de mieux en mieux les signaux de pipi et chose incroyable, je commence à réagir intuitivement. Je suis plus détendue et à l’écoute de Cerise. Du coup, je sens quelques secondes avant qu’elle me le signale son envie de faire pipi : j’ai même parfois l’impression que l’urine me coule dessus alors qu’elle n’a pas encore fait ! C’est une sensation incroyable !

Il m’est encore difficile de détailler précisément ses signaux mais je les sens de mieux en mieux et réagit tout de suite !

Je commence tout doucement à repérer un rythme de ses besoins au cours de la journée : le matin, elle peut faire plusieurs pipis d’affilé (espacés de 5-10 minutes), alors que l’après-midi, ils sont moins fréquents car elle dort une bonne partie de ce temps et j’ai l’impression qu’elle se retient !

La peur des accidents ne me perturbe plus beaucoup et même quand cela arrive, je le gère beaucoup mieux qu’au début !

Cerise paraît aussi plus détendue et elle coopère vraiment dans cette aventure ! C’est tellement enrichissant et valorisant pour nous deux ! Je sens qu’un lien vraiment étroit se tisse entre nous grâce à l’hygiène naturelle ! Elle me regarde intensément et la communication non verbale est très riche entre nous.

J’ai aussi remarqué que les accidents arrivent le plus souvent lorsque je suis concentrée sur autre chose : lorsque je me reconnecte après coup, je constate que les signaux étaient pourtant bien présents !!

A travers mon expérience de l’hygiène, je me rend compte que la connexion avec son enfant n’existe que si ce dernier sent profondément l’amour de sa mère, s’il se sent proche physiquement avec elle et enfin si les deux se « laissent aller ».
 

 

Samedi et dimanche 10 et 11 mai

 

Après cette phase de connection avec Cerise, suivent deux jours où rien ne « marche » : je n’arrive pas à détecter ses signaux et j’ai l’impression qu’ils sont beaucoup moins faciles à repérer. Cerise a, pendant cette période, mal au ventre et elle ne peut retenir ses selles (elles sortent en explosant, la pauvre !). Elle paraît perturbée et son état bloque pour quelques temps l’installation de notre communication. Je me sens assez désemparée. Pour autant, je décide de ne pas lui remettre de couche et attend juste que sa diarrhée passe…

 

Lundi 12 mai

 

Et le lundi, comme par enchantement, elle me signale très distinctement qu’elle a envie de faire pipi ! Je comprend beaucoup mieux ses signaux à présent : elle pleure doucement ou  commence à faire pipi ou caca puis s’arrête afin que je puisse l’emmener pour finir ! C’est incroyable ! J’ai aussi l’impression que lorsque je lui dis qu’elle peut se soulager, elle le comprend et le fait facilement !

La nuit, j’ai encore du mal à me réveiller pour qu’elle fasse pipi : d’autant plus qu’il fait chaud en ce moment et qu’elle urine beaucoup ! Elle fait souvent de petits bruits, comme un ronronnement, avant d’uriner mais je ne suis jamais sûre que ce soit le bon moment pour lui proposer ! Et j’ai toujours peur de la réveiller ! Je décide donc de lui proposer le pot seulement si elle se réveille. Je le lui expliquerai avant de nous coucher afin qu’elle comprenne ce qu’il m’est possible de faire pendant la nuit et aussi afin de savoir si elle est d’accord…

Peut-être aussi lui mettrai-je une couche la prochaine nuit afin de voir si je détecte toujours ses signaux avec et en même temps, si je me repose plus (car je n’aurai pas à changer régulièrement de sens l’alèse !).

 

Mardi 13 et mercredi 14 mai

 

Pendant ces deux jours, je ne lui mets pas de couche la nuit : je me sens mal lorsque je le fais !!

Nous sortons pour quelques heures de la maison. Je suis étonnée de constater qu’elle ne fait qu’un pipi dans la couche pendant toute la durée du trajet en voiture et le temps des courses ! Elle se soulage ensuite lorsque je m’assoie sur un banc, au moment où je suis plus disponible !

Même chose, le temps d’un trajet en transport, elle est sans couche et ne fait rien. Et lorsque je lui propose les toilettes, elle se libère. 

Par contre, lorqu’elle a mal au ventre, qu’elle sent que je suis tendue ou que je ne suis pas disponible, notre connection se rompt et se signaux ne sont plus clairs !

La nuit de mardi, après avoir beaucoup pleuré (elle se libère de tension que l’ostéopathe a fait ressortir ), elle ne fera ni pipi ni caca de la nuit ! Je ne pensais vraiment pas qu’elle pouvait être capable de se retenir aussi longtemps, à seulement 3 semaines !

 

Je remarque maintenant qu’elle se soulage souvent quelques minutes après avoir tété. Elle fait aussi plusieurs pipis le soir.

Les jours suivants…

 

Je repère de mieux en mieux ses signaux de pipi : maintenant, elle me regarde intensément et ne bouge plus. Elle peut aussi commencer à chouiner ou s’arrêter de téter.

Je remarque aussi un rythme dans ses besoins : le matin, elle fait souvent pipi et l’après-midi, me demande moins de l’amener au pot. C’est en fin d’après-midi ou le soir qu’elle me sollicite plus (et surtout avant de dormir : peut-être afin d’avoir moins envie la nuit !).

Vendredi, nous sommes allées l’après-midi et le soir chez des amis et contrairement à ce que je pensais, je suis restée tout le temps connectée avec elle : même en discutant, j’arrivais à « entendre » ses besoins. J’étais détendue et c’était super !

Je remarque que la communication se fait facilement lorsque je ne me mets pas trop de pression. On peut tout à fait être connecté et avoir en même temps des occupations, mais il faut être détendue et « garder un lien », une oreille ouverte aux signaux de son enfant. Il faut aussi lui faire confiance car plus les jours passent, mieux il sait nous prévenir de ses besoins !  

Dimanche après-midi, nous sommes sortis nous promener 2 heures 1/2 et Cerise est restée dans l’écharpe sans faire un seul pipi ! Pas de couche à changer

 

Jeudi 21 mai

 

Bonnes et moins bonnes nouvelles.

Pour les moins bonnes ; Cerise a besoin depuis quelques temps, de pleurer le soir et je la sens assez nerveuse à ce moment de la journée. Du coup, je n’arrive plus à distinguer ses pleurs servant à évacuer la tension et celles liées à l’envie de faire pipi ou caca. Elle est aussi tellement concentrée sur ses pleurs qu’elle n’arrive pas à me signaler ses besoins.

Bonnes nouvelles : cela fait plusieurs fois que nous sortons toute une après-midi à l’extérieur et Cerise ne me demande pas à faire pipi ou caca pendant tout le temps du trajet (qui dure une bonne heure à chaque fois !). Elle attend pour se soulager que nous arrivions à destination ! C’est incroyable !

Ce soir, je décide pour les jours suivants, de la porter plus en écharpe afin de mieux repérer ses signaux (et aussi de mieux répondre à ses besoins de contact et de proximité) et de ne pas utiliser l’ordinateur ou de regarder la télévision lorsqu’elle ne dort pas car je crois que cela perturbe notre connection !

 

Vendredi, samedi et dimanche 25 mai

 

Depuis vendredi, je repère (et Sébastien aussi !!) de mieux en mieux ses signaux m’indiquant ses besoins d’uriner ou de déféquer !

Un autre signal pour me dire qu’elle veut faire pipi vient aussi d’émerger : elle me tire la langue en me fixant dans les yeux.

Les signaux pour les pipis sont plus diversifiés et moins évidents à identifier que ceux pour les selles mais maintenant, je les comprend aussi assez bien. A présent, je me sens confiante et heureuse de décoder ce qu’elle exprime non verbalement. Cerise aussi affine et adapte ses signaux par rapport à mes réactions et je trouve que nous nous comprenons assez bien maintenant ! Notre communication est de plus en plus riche.

La seule difficulté qui se pose pour l’instant est que je dois aller très souvent lui faire faire pipi ou caca au lavabo ou au pot : c’est assez fatigant ! Entre la tétée, le portage et les pipis ou cacas, j’ai vraiment peu de temps pour faire autre chose !!! Et malgré tout, il faut aussi s’occuper de la première ! Dur, dur !

 

Vendredi 30 Mai 

 

Je constate de plus en plus que Cerise fait beaucoup moins de pipi et de caca lorsqu’elle dort (soit dans l’écharpe soit dans le lit). Serait-ce, comme me le disait une amie, les hormones qui bloquent la production d’urine ou bien un effort volontaire de se « retenir » ? Elle ne fait en moyenne que 2 pipis dans la nuit et se retient en général, pour uriner ou déféquer que l’on arrive à un endroit propice pour le faire !

Paradoxalement, à la maison, je détecte moins les pipis (peut-être parce que je l’ai moins contre moi).

Je décide aussi d’essayer d’être plus attentive à ses signaux la nuit car nous avons du mal à rester connecter !

 

 

Mardi 10 juin 2008

 

 

Cela fait 3 nuits que Cerise fait seulement un pipi et même une nuit, pas du tout ! Je trouve cela impressionnant !! Idem lorsqu’elle est en écharpe et que nous nous promenons une, deux, voire trois heures : elle ne fait que rarement. Elle arrive ainsi à se réguler, s’adapter et lorsqu’elle se réveille ou sort de l’écharpe, elle fait alors plusieurs fois pipi ou caca. Lorsqu’elle n’a pas fait depuis longtemps, je lui propose avant de s’endormir et dès qu’elle se réveille dans le lit ou dans l’écharpe.

 

Je suis plutôt soulagée qu’elle fasse moins pipi la nuit car j’ai toujours autant de mal à me réveiller (et Cerise aussi !). Ses signaux sont aussi moins faciles à repérer la nuit ; souvent, d’ailleurs, le signal arrive en même temps que le pipi ou le caca. Elle pousse un grognement long et profond.

Je remarque aussi depuis quelques temps que ses signaux ont évolué ; ils sont plus fins et moins “sonores” ; la vue et le toucher sont plus sollicités. Elle écarquille les yeux et me fixe ou tire sa langue plus longtemps que la normal. Quand je la porte et qu’elle a envie de déféquer, je sens son ventre gargouiller ou commencer à se contracter.

Elle peut aussi, quand je n’ai pas repéré les signaux plus fins, commencer à faire pipi ou caca, s’arrêter, puis attendre que je l’emmène se soulager.

 

A propos des “accidents”, je me détends de plus en plus et je me dis que l’important est de se sentir bien toutes les deux, d’être en harmonie et connectée. Je la découvre un peu plus chaque jour. Lorsque je suis tendue ou préoccupée, la communication est rompue et Cerise se montre très agitée. J’ai l’impression qu’elle vit ce que je vis : tout la traverse, le positif comme le négatif !

 

J’essaye toutefois, lorsque je dois faire quelque chose, de rester “ouverte” à la communication avec elle. Il y a quelques temps, je me disais qu’il fallait que je me dépêche de finir ce que je faisais avant qu’elle n’exprime un besoin; je coupais alors toute connection avec elle en espérant qu’elle n’est pas envie à ce moment précis ! Mais, maintenant, j’arrive plus à arrêter ce que je fais afin de répondre à son besoin d’élimination. J’apprends doucement à prendre le temps et à reporter à demain certaines choses. L’hygiène naturelle nous apprend à cibler nos priorités et à prendre du recul face à ce qui ne l’est pas.

 

Après un écrit d’une amie sur l’hygiène naturelle, je me suis rendue compte que ce terme était assez inexact car il s’agit seulement ici de proposer à son enfant de se soulager avant qu’il ne le fasse tout seul.

Le terme anglais est plus pertinent car il parle de la communication que l’on instaure avec son enfant à propos de l’élimination et du bien-être que cela lui procure (et aux adultes qui s’impliquent aussi!). J’utiliserai donc à présent le terme “d’Elimination Communication” (EC).

 

Jeudi 12 juin

 

A force de tâtonner, je commence à cerner quel matériel me sert réellement pour l’EC : culottes en éponge de la marque “fretchies”, peau de mouton, alèses et écharpes de portage. C’est tellement simple, sain et économique !

Pour d'autres témoignages sur l'EC, un blog à consulter :
http://re-naissance-romane.over-blog.com/...

Samedi 14 juin

 

Je commence à repérer un rythme d’élimination la nuit : un petit pipi en milieu de nuit qui mouille juste sa culotte en éponge et un autre lorsque le jour se lève. Pour ce dernier, elle commence souvent à le faire puis s’arrête afin que je puisse l’emmener au pot.

Dès que l’on se lève, je lui propose et là, elle fait souvent pipi et quelquefois une selle.

Par contre, le jour, je remarque moins de rythme, peut-être parce que chacune de nos journées est différente selon les sorties que l’on programme ou les activités que l’on fait. Je repère seulement que Cerise peut demander plusieurs fois de suite à se soulager après avoir dormi.

 

Samedi 21 juin

 

Après une discussion avec ma mère, je commence à comprendre que l’EC, c’est tous les moments où l’on a répondu positivement aux besoins de son enfant - et il y en a, quand je réfléchis bien, beaucoup !! -, où la communication s’est établie Et les “accidents” sont inévitables mais n’entravent en rien le processus.

Aujourd’hui, alors que je parlais avec une amie, elle m’a pincé le sein afin de me signifier qu’elle avait vraiment envie d’aller se soulager ; quelle volonté à deux mois à peine !

 

Par annabelle
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