Dimanche 11 mai 2008 7 11 /05 /Mai /2008 17:33

Après 3 jours de méconium et de couches, je commence sûre de mon choix mais en même temps, un peu inquiète, de la mettre les fesses à l’air…

 

 

 

 

Samedi 26 Avril

 

Elle reste pratiquement toute la journée sans couche mais, biensûr, les pipis coulent le long de ma jambe ou directement sur le parquet.

Je lui mets une alèse sous elle et régulièrement, on constate des pipis et quelques cacas dessus.

Lorsque Geneviève arrive le soir, elle me fait deux pipis sur moi dont un, que j’avais presque senti venir (mais trop tard !!). Par contre, et cela m’étonne toujours, j’arrive, en lui proposant au lavabo, à ce qu’elle fasse deux selles d’un beau jaune or. Quelle satisfaction ! Je contracte mon ventre contre son dos et elle en fait tout de suite autant. Le signal est clair pour elle. Je lui répète aussi plusieurs fois le mot « caca » et le son « hum » en même temps qu’elle fait.

La nuit, je lui mets tout de même une couche et lui propose - quand j’arrive à me réveiller à temps ! – de faire caca dans son pot, à côté du lit. Ce qu’elle fait assez facilement ! Par contre, pour les pipis, je n’arrive pas à les sentir avant qu’ils arrivent : lorsque je la mets au pot en faisant le son « ssss » caractéristique du pipi qui coule, rien ne se passe..

Mais il ne faut tout de même pas exagérer !!!

 

Dimanche 27 avril

 

Nous allons chez ma mère et je la laisse les fesses à l’air la plupart du temps. Mais rien ne marche : elle fait pipi sur moi plusieurs fois sans que je pressente quelque chose. Aucun signe n’est détecté ! Je pense que la pression est trop grande car nous ne sommes pas chez nous, j’ai la hantise qu’elle fasse sur un canapé et puis, j’ai tellement envie de prouver que l’hygiène naturelle n’est pas une lubie ! Non, là, ça ne pouvait pas marcher !!! J’étais trop focalisée sur la réussite et non sur la compréhension des signaux que m’envoient régulièrement ma fille pour me signifier ses besoins ! Malgré tout, elle fait deux cacas dans le lavabo !

Le soir, je remets une couche à Cerise mais elle me réveille dans la nuit pour me signifier qu’elle a envie de faire caca : et une belle selle jaune coule dans le pot ! Confiante, je lui enlève sa couche, mais sans trop protéger notre lit ! Je passe alors une nuit exténuante, angoissée à l’idée qu’elle fasse dans le lit. Je me réveille toutes les 5 minutes pour vérifier qu’il n’y a rien et n’écoute pas du tout ses signaux !!! Du coup, Cerise dort aussi très mal cette nuit !

Je crois que pour l’instant, les couches s’imposent car cela me stresse trop si elle n’a rien et je n’ai pas encore envie d’enlever ou de nettoyer pendant la nuit ce qui est souillé ! D’autant plus que Sébastien supporte assez mal les « accidents ». Trop de pression empêche la progression !!

 

Lundi 28 avril

 

J’alterne couches et fesses à l’air la journée tout en essayant, même avec les couches, de « détecter » lorsqu’elle a envie. Les selles sont plutôt faciles à repérer et malgré des petites tâches dans ses couches ou sur l’alèse, j’arrive à l’amener à temps ou à lui proposer de faire une selle au lavabo. Par contre, je n’arrive pas du tout à repérer ses signaux indiquant son envie de pipi. Je pense que je suis trop focalisée sur le fait de repérer son envie de pipi ou caca et puis, je culpabilise encore lorsque Sébastien constate des « accidents » (puisqu’il est avec moi toute la journée, il participe aussi à l’hygiène et ses petits désagréments !). Je n’arrive pas à avoir du recul, je stresse et je n’écoute pas beaucoup Cerise.

Ce qui nous convient pour le moment, c’est que je propose à Cerise de faire une selle ou un pipi et pour les selles, cela marche plutôt bien.

Le soir, j’essaye un nouveau système en mettant superposées une peau de mouton, une feutrine et une serviette (rien que cela !) sous elle afin d’éviter que notre lit soit mouillée ou souillée. Sur ses fesses, je lui mets un lange qu’elle trempe en deux temps trois mouvements : cela me décourage complètement et je préfère alors lui remettre une couche pour la nuit !

Cette nuit-là, avec tout ce que j’ai mis sous elle, j’ai du mal à trouver une place dans le lit : je dors à cheval sur notre futon et son petit « lit »… Pas très confortable ! D’autant plus qu’Alice me colle littéralement, allonge ses bras ou ses jambes sur Cerise ou sur moi !

 

Mardi 29 avril

 

Je la laisse toute la journée sans couche et décide de la porter plus souvent afin de sentir les signes avant-coureurs du pipi ou du caca. J’essaye de me détendre un peu face à cette expérience et je me dis que ses pipis ne sentent rien et que finalement, ils sèchent assez vite (même en la gardant sur moi en écharpe alors qu’elle vient de faire !). Cela me rassure un peu…Pour les selles, c’est vrai que cela tache plus mais avec du savon de Marseille et un peu de javel en spray, ça part très bien !

Ces considérations me rappellent que nous ne sommes pas dans des pays où le bébé peut faire par terre sans souci ! Encore une difficulté de notre monde occidental aseptisé et materialiste !!!

Un peu rassurée,  je me sens plus confiante pour lui laisser les fesses à l’air. Par contre, la nuit, je continue à lui laisser une couche car je ne me sens pas encore prête. Et j’ai tellement envie de faire une nuit un peu plus reposante !

Malgré la couche, j’essaye d’écouter ses signaux la nuit et arrive assez facilement à détecter ceux pour les selles. Pour les pipis, toujours la même chose, il m’est difficile de réagir avant qu’elle fasse ! Les signaux doivent être très subtils. Elle dort à moitié en faisant pipi,  contrairement aux selles où j’ai l’impression qu’elle se réveille quelques secondes avant.

 

Mercredi 30 avril

 

Je la laisse toujours les fesses à l’air la journée et je crois que je commence à détecter quelques signaux de pipi ; elle fait un petit bruit (comme un petit chat !) pour me prévenir. Mais, bon, cela ne marche pas à tous les coups et la plupart du temps, j’arrive trop tard. Restons optimiste, 2 pipis détectés à 1 semaine de vie, c’est déjà super ! En plus, avec la peau de mouton sur laquelle je la mets, elle reste bien au sec. On ne voit et ne sent rien!

Je lui remets une couche la nuit tout en essayant de rester connectée. Toutes ses selles vont dans le pot maintenant. Les pipis restent par contre eux, dans la couche ; elle en fait 6 ou 7 dans la nuit et je me réveille toujours après coup ! Difficile de réagir vite quand on est encore endormie, d’autant plus que mes déchirures aux petites lèvres sont encore sensibles !

 

Jeudi 1er mai

 

« L’hygiène naturelle, ça marche quand on est prêt dans sa tête » me disait une amie. Je le confirme, quand on se laisse aller et que l’on écoute son enfant sans être angoissée par les « accidents », tout semble beaucoup plus simple. Je commence aujourd’hui à me détendre et à me détacher de toute volonté de « réussir » cette expérience. Le but premier n’est pas que Cerise soit propre mais bien de vivre quelque chose de différent face à ses besoins d’uriner et de déféquer. 

Je détecte maintenant ses signaux pour les selles assez facilement : elle s’arrête de bouger, a le regard fixe, elle peut aussi se tortiller de tout son corps et faire un bruit comme si elle poussait.

Concernant le pipi, des signaux très fins commencent à émerger : des petits bruits avant-coureurs me préviennent quelques fois mais c’est encore difficile d’y être à l’écoute !

Cet après-midi là, je vais chez une amie et mets une couche à Cerise pendant tout le temps de notre rencontre ; lorsque nous rentrons à la maison,  je me sens enfin soulagée de lui enlever sa couche, comme si elle l’emprisonnait et l’empêchait de respirer. C’est incroyable, on ne peut plus revenir aux couches lorsque l’on commence l’hygiène naturelle. On sent que l’on donne le meilleur à son enfant et que ne pas lui offrir cela, le prive vraiment de quelque chose d’unique !

La nuit, je ne lui mets pas de couche et me réveille régulièrement en lui proposant de faire pipi ou caca ; mais ce système est épuisant et je ne dors pas beaucoup cette nuit-là ! Il faut donc que je trouve une autre système sous peine d’être trop fatiguée !!!

 

Vendredi 2 mai

 

Le réveil est plus que difficile et j’ai un peu de mal à rester connecter avec ma fille face à ses besoins d’uriner et de déféquer. J’arrive malgré tout plus ou moins à temps pour les selles. Je la mets souvent sur sa peau de mouton et du coup, je me détends car elle absorbe vraiment bien l’urine. Le nettoyage est aussi plus que facile : sécher un peu avec une serviette et dans l’idéal, au soleil.

Je repère deux ou trois pipis grâce à des bruits aigües et des petits mouvements de la tête de Cerise. Je constate aussi qu’elle tire parfois la langue avant d’uriner. Par contre, à d’autres moments, elle fait pipi en même temps qu’elle dort ou commence à se tortiller qu’une fois qu’elle fait. Pas facile de rester au sec !

La nuit, je lui remets la peau de mouton sous ses fesses avec une alèse au-dessus et elle passe la nuit avec. J’ai l’impression qu’elle fait moins de pipis dessus. Par contre, je me réveille moins souvent pour lui proposer le pot car je remarque peu de signaux.  Et quand je me réveille et lui propose, elle ne fait rien dans le pot.

Je préfère ne pas la réveiller souvent car elle commence à me faire remarquer (par des pleurs) que cela la dérange ! A que cela ne tienne, je la laisse me signifier quand elle est dérangée par le fait d’être mouillée… et à priori, elle arrive à dormir quand même paisiblement avec un pipi sous elle ! Cette nuit-là, en tout cas, nous dormons mieux toutes les deux.

Par contre, nous devons revoir notre système de co-dodo car Cerise et Alice me laissent peu de place pour dormir… L’éducation respectueuse des enfants demande de se remettre en cause régulièrement.

Concernant les selles, elle n’en fait qu’une dans la nuit et dans le pot ! Youpi !

 

Samedi 3 mai

 

Ce matin, je laisse dormir Cerise dans le lit familial car je n’ai pas envie de la réveiller ; je pensais les jours d’avant être plus à son écoute si je la sortais du lit et la mettais à côté de moi dès le réveil (dans le salon pour prendre le petit déjeuner) mais je m’aperçois qu’avec le temps, cela n’est pas forcément concluant et je prive Cerise de plus de temps de sommeil ! J’essaye donc juste de venir écouter régulièrement si elle me signifie quelque chose.

Elle est un peu énervée aujourd’hui et veut téter ou être portée presque tout le temps. Entre les pleurs pour être portée, pour téter et pour déféquer, je n’arrive pas à bien distinguer ses besoins !

Néanmoins, elle fait une selle dans le lavabo après m’avoir bien signifié qu’elle avait envie. Par contre, les pipis sont tous loupés ! Il faut vraiment que je me centre sur la communication et l’écoute de Cerise ! Il faut que je lui fasse confiance sans avoir à vérifier régulièrement si elle a fait pipi !

Le soir, Cerise se réveille à 22 heures et demande à téter assez frénétiquement : je commence à me dire qu’elle a des choses à évacuer et que peut-être la tétée pour la calmer n’est pas la solution ! Elle se rendort tout de même mais tètera beaucoup cette nuit-là ! Elle ne fait pas de selle de la nuit et les pipis vont tous sur l’alèse ! Je crois que cette nuit, elle fait la grêve des signaux ! Peut-être est-ce le fait de la mettre en-dehors du lit, sur sa peau de mouton, juste à côté de moi ? Elle ne me sens plus (et moi non plus d’ailleurs), bloquant ainsi toute communication ? Je la sens trop loin de moi : la nuit prochaine, tant pis, nous serons tous serrés les uns aux autres, mais Cerise dormira tout près de moi !

 

Dimanche 4 mai

 

Ce matin, Cerise fait un caca suivi d’un pipi dans le pot ! Je remarque qu’aujourd’hui, elle pleure lorsqu’elle a besoin ! Du coup, Sébastien repère aussi 2 pipis pendant qu’il l’a dans les bras (et il en est tout fier !). Mes beaux-parents apportent ensuite à déjeuner et passent l’après-midi avec nous. Le début du repas est assez épique : étant moins connectée à elle car je discute avec nos invités, elle me fait 2 pipis et 1 caca sur moi ! Eux qui regardent déjà d’un drôle d’air l’hygiène naturelle, cela ne les rassure guère ! Enfin, je sais à quoi sont dus ces accidents : c’est déjà cela !

Le reste de l’après-midi, Cerise dort paisiblement et elle fait seulement 1 pipi sur l’alèse. Ensuite, elle fera 1 caca suivi d’un pipi dans le pot : après avoir pleuré pour m’avertir ! Même chose le soir !

Ayant remarqué qu’elle était spécialement énervée le soir, je la fais téter de nombreuses fois puis je décide de la prendre dans mes bras afin de vérifier si elle  a besoin de pleurer. Elle pleure alors intensément et Sébastien me relaie dans cette écoute. Elle s’endort ensuite tranquillement…

Cette nuit, Cerise se réveille deux fois pour téter et je lui propose à chaque fois : elle fait une fois une selle. Sinon, tous les pipis vont sur l’alèse. J’ai quand même l’impression qu’elle fait moins pipi la nuit.

 

Lundi 5 mai

 

Après deux pipis et un début de caca sur moi (à chaque fois que je suis au téléphone ! Je crois qu’elle sent lorsque je ne suis pas disponible !), elle fait ensuite un caca suivi d’un pipi dans le pot. Elle me signifie maintenant ses besoins en grognant ou en commençant à pleurer et à se tortiller : j’ai l’impression qu’elle le fait maintenant autant pour les selles que pour l’urine. Je les repère donc plus facilement et peut l’amener à temps au lavabo. Je remarque aussi que lorsqu’elle s’arrête de téter ou refuse le sein (en le poussant avec sa langue !), c’est souvent parce qu’elle a envie d’aller au lavabo !

Nous partons dans l’après-midi au parc et elle me fait un pipi et un début de caca dans l’écharpe car je discute avec quelqu’un (je ne suis pas assez concentrée !). Mais ensuite, elle ne fait rien pendant plus d’une heure et demi et se réveille juste pour me signifier un caca. Elle fait donc dans le pot, les fesses à l’air dehors : c’est une journée très agréable et je peux donc en profiter ! Je trouve que le printemps (ou l’été) est vraiment une période favorable pour commencer l’hygiène naturelle !

Elle dort depuis que nous sommes rentrées du parc et se réveille dans la soirée. Elle est très énervée et tète difficilement. Je l’écoute beaucoup pleurer ce soir-là. La communication sur ses besoins est difficile et la plupart du temps, je rate ses pipis : je remarque peu de ses signaux à part ses pleurs mais qui ne m’avertissent pas de son envie d’uriner ou de déféquer. Elle s’endort tard dans la nuit et se réveille régulièrement en pleurant. Je lui propose à chaque fois le pot mais ne fait rien dedans et fait surtout sur l’alèse. Elle fait toutefois une selle dans le pot.

 
Mardi 6 mai

 

Je suis fatiguée ce matin et les signaux sont difficiles à repérer. Il faut être détendue et disponible pour que la communication s’établisse. Mais, au fil de la journée, lorsque j’ai plus de temps à lui accorder, je repère plus de pipis et de cacas. Je remarque aussi qu’elle arrive à se retenir de plus en plus longtemps sans avoir besoin de se soulager, lorsqu’elle dort ou est dans l’écharpe.

Par contre, si elle sent que je ne suis pas disponible ou que je suis stressée, rien ne marche ! Les bébés sont très sensibles à l’humeur et l’état d’esprit de leur mère. Cerise, comme tous le bébés, est en symbiose avec moi et ressent donc la même chose que moi !

Le soir, elle se réveille énervée et veut téter toutes les 5 minutes. Du coup, elle me fait pipi plusieurs fois dessus tout en pleurant. Je décide alors de l’écouter pleurer et là, elle se lâche ! Une bonne série de pleurs bien intenses et elle s’endort ensuite comme un petit ange.

Epuisées toutes les deux, nous dormons non stop jusqu’au matin : elle fait un ou deux pipis dans l’alèse pendant la nuit.

 

Mercredi 7 mai

 

Après une nuit assez reposante, nous passons une matinée tranquille où je repère bien ses signaux de pipis : elle s’arrête de téter ou commence à pleurer ou à « grogner ». Pour les selles, elle se tortille et en général, attend que je comprenne les signaux pour se libérer.

Cet après-midi, nous allons chez le pédiatre et je lui mets une couche pendant presque 2 heures ; elle attendra que je l’enlève pour faire caca !

Je remarque aussi que les selles sont souvent plus faciles à venir que les pipis quand je lui propose.

Je repère de mieux en mieux ses signaux de pipi mais j’ai encore du mal à lui proposer quand elle dort car j’ai peur de la réveiller ! Souvent, je vois après coup, qu’elle a fait pipi sur l’alèse : il faut que je me fasse confiance !

Je ne me réveille pas aux bons moments cette nuit-là pour lui proposer de faire pipi : elle fait donc la plupart du temps sur l’alèse. Les selles sont par contre de plus en plus faites dans le pot.

 

 

Jeudi 8 et vendredi 9 mai

 

Cela fait deux jours que je sens de plus en plus une connexion entre Cerise et moi : je détecte de mieux en mieux les signaux de pipi et chose incroyable, je commence à réagir intuitivement. Je suis plus détendue et à l’écoute de Cerise. Du coup, je sens quelques secondes avant qu’elle me le signale son envie de faire pipi : j’ai même parfois l’impression que l’urine me coule dessus alors qu’elle n’a pas encore fait ! C’est une sensation incroyable !

Il m’est encore difficile de détailler précisément ses signaux mais je les sens de mieux en mieux et réagit tout de suite !

Je commence tout doucement à repérer un rythme de ses besoins au cours de la journée : le matin, elle peut faire plusieurs pipis d’affilé (espacés de 5-10 minutes), alors que l’après-midi, ils sont moins fréquents car elle dort une bonne partie de ce temps et j’ai l’impression qu’elle se retient !

La peur des accidents ne me perturbe plus beaucoup et même quand cela arrive, je le gère beaucoup mieux qu’au début !

Cerise paraît aussi plus détendue et elle coopère vraiment dans cette aventure ! C’est tellement enrichissant et valorisant pour nous deux ! Je sens qu’un lien vraiment étroit se tisse entre nous grâce à l’hygiène naturelle ! Elle me regarde intensément et la communication non verbale est très riche entre nous.

J’ai aussi remarqué que les accidents arrivent le plus souvent lorsque je suis concentrée sur autre chose : lorsque je me reconnecte après coup, je constate que les signaux étaient pourtant bien présents !!

A travers mon expérience de l’hygiène, je me rend compte que la connexion avec son enfant n’existe que si ce dernier sent profondément l’amour de sa mère, s’il se sent proche physiquement avec elle et enfin si les deux se « laissent aller ».
 

 

Samedi et dimanche 10 et 11 mai

 

Après cette phase de connection avec Cerise, suivent deux jours où rien ne « marche » : je n’arrive pas à détecter ses signaux et j’ai l’impression qu’ils sont beaucoup moins faciles à repérer. Cerise a, pendant cette période, mal au ventre et elle ne peut retenir ses selles (elles sortent en explosant, la pauvre !). Elle paraît perturbée et son état bloque pour quelques temps l’installation de notre communication. Je me sens assez désemparée. Pour autant, je décide de ne pas lui remettre de couche et attend juste que sa diarrhée passe…

 

Lundi 12 mai

 

Et le lundi, comme par enchantement, elle me signale très distinctement qu’elle a envie de faire pipi ! Je comprend beaucoup mieux ses signaux à présent : elle pleure doucement ou  commence à faire pipi ou caca puis s’arrête afin que je puisse l’emmener pour finir ! C’est incroyable ! J’ai aussi l’impression que lorsque je lui dis qu’elle peut se soulager, elle le comprend et le fait facilement !

La nuit, j’ai encore du mal à me réveiller pour qu’elle fasse pipi : d’autant plus qu’il fait chaud en ce moment et qu’elle urine beaucoup ! Elle fait souvent de petits bruits, comme un ronronnement, avant d’uriner mais je ne suis jamais sûre que ce soit le bon moment pour lui proposer ! Et j’ai toujours peur de la réveiller ! Je décide donc de lui proposer le pot seulement si elle se réveille. Je le lui expliquerai avant de nous coucher afin qu’elle comprenne ce qu’il m’est possible de faire pendant la nuit et aussi afin de savoir si elle est d’accord…

Peut-être aussi lui mettrai-je une couche la prochaine nuit afin de voir si je détecte toujours ses signaux avec et en même temps, si je me repose plus (car je n’aurai pas à changer régulièrement de sens l’alèse !).

 

Mardi 13 et mercredi 14 mai

 

Pendant ces deux jours, je ne lui mets pas de couche la nuit : je me sens mal lorsque je le fais !!

Nous sortons pour quelques heures de la maison. Je suis étonnée de constater qu’elle ne fait qu’un pipi dans la couche pendant toute la durée du trajet en voiture et le temps des courses ! Elle se soulage ensuite lorsque je m’assoie sur un banc, au moment où je suis plus disponible !

Même chose, le temps d’un trajet en transport, elle est sans couche et ne fait rien. Et lorsque je lui propose les toilettes, elle se libère. 

Par contre, lorqu’elle a mal au ventre, qu’elle sent que je suis tendue ou que je ne suis pas disponible, notre connection se rompt et se signaux ne sont plus clairs !

La nuit de mardi, après avoir beaucoup pleuré (elle se libère de tension que l’ostéopathe a fait ressortir ), elle ne fera ni pipi ni caca de la nuit ! Je ne pensais vraiment pas qu’elle pouvait être capable de se retenir aussi longtemps, à seulement 3 semaines !

 

Je remarque maintenant qu’elle se soulage souvent quelques minutes après avoir tété. Elle fait aussi plusieurs pipis le soir.

Les jours suivants…

 

Je repère de mieux en mieux ses signaux de pipi : maintenant, elle me regarde intensément et ne bouge plus. Elle peut aussi commencer à chouiner ou s’arrêter de téter.

Je remarque aussi un rythme dans ses besoins : le matin, elle fait souvent pipi et l’après-midi, me demande moins de l’amener au pot. C’est en fin d’après-midi ou le soir qu’elle me sollicite plus (et surtout avant de dormir : peut-être afin d’avoir moins envie la nuit !).

Vendredi, nous sommes allées l’après-midi et le soir chez des amis et contrairement à ce que je pensais, je suis restée tout le temps connectée avec elle : même en discutant, j’arrivais à « entendre » ses besoins. J’étais détendue et c’était super !

Je remarque que la communication se fait facilement lorsque je ne me mets pas trop de pression. On peut tout à fait être connecté et avoir en même temps des occupations, mais il faut être détendue et « garder un lien », une oreille ouverte aux signaux de son enfant. Il faut aussi lui faire confiance car plus les jours passent, mieux il sait nous prévenir de ses besoins !  

Dimanche après-midi, nous sommes sortis nous promener 2 heures 1/2 et Cerise est restée dans l’écharpe sans faire un seul pipi ! Pas de couche à changer

 

Jeudi 21 mai

 

Bonnes et moins bonnes nouvelles.

Pour les moins bonnes ; Cerise a besoin depuis quelques temps, de pleurer le soir et je la sens assez nerveuse à ce moment de la journée. Du coup, je n’arrive plus à distinguer ses pleurs servant à évacuer la tension et celles liées à l’envie de faire pipi ou caca. Elle est aussi tellement concentrée sur ses pleurs qu’elle n’arrive pas à me signaler ses besoins.

Bonnes nouvelles : cela fait plusieurs fois que nous sortons toute une après-midi à l’extérieur et Cerise ne me demande pas à faire pipi ou caca pendant tout le temps du trajet (qui dure une bonne heure à chaque fois !). Elle attend pour se soulager que nous arrivions à destination ! C’est incroyable !

Ce soir, je décide pour les jours suivants, de la porter plus en écharpe afin de mieux repérer ses signaux (et aussi de mieux répondre à ses besoins de contact et de proximité) et de ne pas utiliser l’ordinateur ou de regarder la télévision lorsqu’elle ne dort pas car je crois que cela perturbe notre connection !

 

Vendredi, samedi et dimanche 25 mai

 

Depuis vendredi, je repère (et Sébastien aussi !!) de mieux en mieux ses signaux m’indiquant ses besoins d’uriner ou de déféquer !

Un autre signal pour me dire qu’elle veut faire pipi vient aussi d’émerger : elle me tire la langue en me fixant dans les yeux.

Les signaux pour les pipis sont plus diversifiés et moins évidents à identifier que ceux pour les selles mais maintenant, je les comprend aussi assez bien. A présent, je me sens confiante et heureuse de décoder ce qu’elle exprime non verbalement. Cerise aussi affine et adapte ses signaux par rapport à mes réactions et je trouve que nous nous comprenons assez bien maintenant ! Notre communication est de plus en plus riche.

La seule difficulté qui se pose pour l’instant est que je dois aller très souvent lui faire faire pipi ou caca au lavabo ou au pot : c’est assez fatigant ! Entre la tétée, le portage et les pipis ou cacas, j’ai vraiment peu de temps pour faire autre chose !!! Et malgré tout, il faut aussi s’occuper de la première ! Dur, dur !

 

Vendredi 30 Mai 

 

Je constate de plus en plus que Cerise fait beaucoup moins de pipi et de caca lorsqu’elle dort (soit dans l’écharpe soit dans le lit). Serait-ce, comme me le disait une amie, les hormones qui bloquent la production d’urine ou bien un effort volontaire de se « retenir » ? Elle ne fait en moyenne que 2 pipis dans la nuit et se retient en général, pour uriner ou déféquer que l’on arrive à un endroit propice pour le faire !

Paradoxalement, à la maison, je détecte moins les pipis (peut-être parce que je l’ai moins contre moi).

Je décide aussi d’essayer d’être plus attentive à ses signaux la nuit car nous avons du mal à rester connecter !

 

 

Mardi 10 juin 2008

 

 

Cela fait 3 nuits que Cerise fait seulement un pipi et même une nuit, pas du tout ! Je trouve cela impressionnant !! Idem lorsqu’elle est en écharpe et que nous nous promenons une, deux, voire trois heures : elle ne fait que rarement. Elle arrive ainsi à se réguler, s’adapter et lorsqu’elle se réveille ou sort de l’écharpe, elle fait alors plusieurs fois pipi ou caca. Lorsqu’elle n’a pas fait depuis longtemps, je lui propose avant de s’endormir et dès qu’elle se réveille dans le lit ou dans l’écharpe.

 

Je suis plutôt soulagée qu’elle fasse moins pipi la nuit car j’ai toujours autant de mal à me réveiller (et Cerise aussi !). Ses signaux sont aussi moins faciles à repérer la nuit ; souvent, d’ailleurs, le signal arrive en même temps que le pipi ou le caca. Elle pousse un grognement long et profond.

Je remarque aussi depuis quelques temps que ses signaux ont évolué ; ils sont plus fins et moins “sonores” ; la vue et le toucher sont plus sollicités. Elle écarquille les yeux et me fixe ou tire sa langue plus longtemps que la normal. Quand je la porte et qu’elle a envie de déféquer, je sens son ventre gargouiller ou commencer à se contracter.

Elle peut aussi, quand je n’ai pas repéré les signaux plus fins, commencer à faire pipi ou caca, s’arrêter, puis attendre que je l’emmène se soulager.

 

A propos des “accidents”, je me détends de plus en plus et je me dis que l’important est de se sentir bien toutes les deux, d’être en harmonie et connectée. Je la découvre un peu plus chaque jour. Lorsque je suis tendue ou préoccupée, la communication est rompue et Cerise se montre très agitée. J’ai l’impression qu’elle vit ce que je vis : tout la traverse, le positif comme le négatif !

 

J’essaye toutefois, lorsque je dois faire quelque chose, de rester “ouverte” à la communication avec elle. Il y a quelques temps, je me disais qu’il fallait que je me dépêche de finir ce que je faisais avant qu’elle n’exprime un besoin; je coupais alors toute connection avec elle en espérant qu’elle n’est pas envie à ce moment précis ! Mais, maintenant, j’arrive plus à arrêter ce que je fais afin de répondre à son besoin d’élimination. J’apprends doucement à prendre le temps et à reporter à demain certaines choses. L’hygiène naturelle nous apprend à cibler nos priorités et à prendre du recul face à ce qui ne l’est pas.

 

Après un écrit d’une amie sur l’hygiène naturelle, je me suis rendue compte que ce terme était assez inexact car il s’agit seulement ici de proposer à son enfant de se soulager avant qu’il ne le fasse tout seul.

Le terme anglais est plus pertinent car il parle de la communication que l’on instaure avec son enfant à propos de l’élimination et du bien-être que cela lui procure (et aux adultes qui s’impliquent aussi!). J’utiliserai donc à présent le terme “d’Elimination Communication” (EC).

 

Jeudi 12 juin

 

A force de tâtonner, je commence à cerner quel matériel me sert réellement pour l’EC : culottes en éponge de la marque “fretchies”, peau de mouton, alèses et écharpes de portage. C’est tellement simple, sain et économique !

Pour d'autres témoignages sur l'EC, un blog à consulter :
http://re-naissance
-romane.over-blog.com/...

 

Samedi 14 juin

 

Je commence à repérer un rythme d’élimination la nuit : un petit pipi en milieu de nuit qui mouille juste sa culotte en éponge et un autre lorsque le jour se lève. Pour ce dernier, elle commence souvent à le faire puis s’arrête afin que je puisse l’emmener au pot.

Dès que l’on se lève, je lui propose et là, elle fait souvent pipi et quelquefois une selle.

Par contre, le jour, je remarque moins de rythme, peut-être parce que chacune de nos journées est différente selon les sorties que l’on programme ou les activités que l’on fait. Je repère seulement que Cerise peut demander plusieurs fois de suite à se soulager après avoir dormi.

 

Samedi 21 juin

 

Après une discussion avec ma mère, je commence à comprendre que l’EC, c’est tous les moments où l’on a répondu positivement aux besoins de son enfant - et il y en a, quand je réfléchis bien, beaucoup !! -, où la communication s’est établie Et les “accidents” sont inévitables mais n’entravent en rien le processus.

Aujourd’hui, alors que je parlais avec une amie, elle m’a pincé le sein afin de me signifier qu’elle avait vraiment envie d’aller se soulager ; quelle volonté à deux mois à peine !

 

Par annabelle
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