Grossesse et accouchement

Dimanche 11 mai 2008 7 11 /05 /Mai /2008 17:48



Vendredi 18 avril, la journée a été fatigante et stressante car notre ordinateur ne voulait plus s’allumer. Je n’ai vraiment pas envie que nous ayons à régler ce nouveau problème d’autant plus que j’aimerai finir ce récit de grossesse et lire mes derniers mails avant le week-end car je me dis qu’il y a de fortes chances pour que j’accouche ce week-end…

La nuit de vendredi, je n’arrive pas à dormir : j’ai des contractions régulières mais moyennement fortes…en tout cas, pas assez fortes pour penser qu’elles annoncent le travail !

J’essaye de me détendre et de me dire que malgré les désagréments ou les problèmes de la vie quotidienne, le bébé peut quand même venir : il n’est pas possible que tout soit parfait et que tous les détails soient réglés avant la naissance…il faut surtout avoir le courage de se lancer et accepter que le bébé arrive d’un moment à l’autre !

Le lendemain (le 19), même histoire : les contractions ne me quittent pas. Je me sens fatiguée, nauséeuse et j’ai mal à la tête… Je me sens comme sur du coton. Je suis déprimée et en même temps euphorique ; drôle de sensation… Mais la nuit porte conseil et nous verrons bien demain..

 

Le lendemain, je me réveille et petit bébé n’est pas encore arrivé. J’ai eu pendant la nuit quelques contractions douloureuses mais pas assez régulières pour me dire que le travail va commencer. La journée passe et je me sens en forme.

Lundi 21, je passe ma journée avec Alice à la maison ; j’ai besoin d’être proche d’Alice et de profiter d’elle le plus possible. Nous jouons tranquillement toute la journée, nous faisons une bonne sieste. Tout est tranquille, comme avant un orage…

Mardi, nous partons toute la journée dans Paris et je ne me ménage pas ! Mais, bébé veut encore rester au chaud.

Mercredi 23, je décide de faire de grosses courses afin de ne manquer de rien (mon corps doit sentir que c’est pour bientôt !). Je finis les dernières choses que j’avais à faire car je ressens qu’après, ce ne sera plus possible.

 

Le soir, je me sens fatiguée. Je n’ai pas pu faire de sieste et j’ai hâte d’aller rejoindre Sébastien au lit…

Mais à 23h30 précise, des contractions commencent à se faire sentir, régulières mais espacées (toutes les 10 minutes à peu près). Je les gère bien, je respire profondément et fais des mouvements amples vers le ciel avec mes bras. Je relève la tête et accompagne la contraction avec tout mon corps. Tout se passe bien.

Une heure après, j’ose enfin réveiller Sébastien (qui dormait profondément ! Cela me crève tellement le cœur de devoir le faire !) car les contractions augmentent vraiment en intensité !

Sébastien installe le lit dans le salon, je m’installe dessus et commence à accompagner les contractions dans toutes les positions possibles ; aucune d’ailleurs ne me convient vraiment ! En tout cas, je ne peux pas rester debout ; mes jambes ont du mal à me tenir. Et moi qui voulais bouger, me balancer, rester dynamique !

J’avais aussi prévu de mettre de la musique calme et douce, mais maintenant, je n’ai plus du tout envie !! L’accouchement ne se passera d’ailleurs pas du tout comme je l’avais imaginé !

A partir du moment où Sébastien me rejoint, les contractions se font de plus en plus intenses. Je les supporte de plus en plus difficilement. Sébastien coordonne tout et entre deux, me regarde d’un air désemparé. Je sens qu’il aimerait m’aider, me soulager un peu mais comment ? Moi non plus d’ailleurs, je ne le sais pas !

Je lui propose alors de prendre un bain, histoire de détendre l’atmosphère qui me semble un peu pesante ; Sébastien cherchant comment m’aider au mieux et moi, essayant de lui faire une place dans cet événement.

Mais, le bain que je pensais salvateur, ne me soulage nullement. Les contractions sont vraiment intenses et rapprochées (toutes les 3 minutes maximum). Grâce au bain, je pensais avoir des contractions moins douloureuses et ainsi pouvoir m’appuyer sur Sébastien, être plus proche de lui ! Mais, il n’en est rien ! J’ai tellement mal pendant chaque contraction ! Je ne trouve pas de position dans le bain pour être plus à l’aise, je décide donc de sortir.

J’ai alors vraiment du mal à revenir au canapé-lit : je dois me mettre à quatre pattes au sol à chaque contraction car mes jambes sont trop fragiles !

Je commence à sentir la peur monter en moi, vu l’intensité de mes contractions.

 

J’arrive à me mettre sur le lit à quatre pattes et accompagne la douleur de chaque contraction par des sons, plutôt graves et de moyenne intensité. Une sorte de lamentation avec des « a », des « o » et des « ou » expirés. Ca me fait du bien d’exprimer un peu ce que je ressens même si la douleur reste la même.

Plus le temps passe et plus mes « vocalises » augmentent d’intensité. Sébastien, voulant m’aider à supporter la douleur, me lance une ou deux blagues que je prends assez mal vu la douleur que je ressens (le pauvre !). Mais, je dois rester concentrer afin d’accompagner le mieux possible ces foutues contractions !

Pourquoi cela fait si mal ? Et pourquoi ne suis-je pas allée à l’hôpital pour avoir une péridurale ? Heureusement qu’à ce moment précis, je n’y étais pas, car j’aurais pu facilement me laisser convaincre !

 

Il est 2h30 du matin et Sébastien me demande si l’on appelle la sage-femme. J’hésite un moment puis accepte. En ligne, nous ne sommes pas très sûrs que Geneviève doive venir tout suite. Avec mon « je ne sais pas » quand elle me demande si elle doit venir rapidement, Geneviève reste (comme elle nous l’a dit plus tard) dans sa cuisine, à boire son café, en se demandant si elle fait bien d’y aller maintenant…

Elle arrive à 3h30 et je me sens soulagée. Je pensais tellement que j’arriverai à gérer les contractions toute seule, mais je m’aperçois que Geneviève est plus que la bienvenue !!!

Tranquillement, elle s’installe, parle avec Sébastien. Il lui propose un café, parle du stationnement de sa voiture, mais, moi, je n’ai qu’une envie ; qu’elle vienne me voir tout de suite, qu’elle se précipite vers moi afin de me soulager !!! Mais, biensûr, elle a l’habitude et sait que c’est à moi de donner sens à mon accouchement. Elle sait bien qu’il va y avoir encore de nombreuses contractions avant la poussée et que c’est loin d’être fini !!!

Quand elle vient vers moi, après avoir noté des commentaires sur le suivi d’accouchement,  elle me parle doucement et brièvement. Ses paroles me font du bien même si elles restent lointaines, ses massages dans les reins me soulagent. Sébastien me masse aussi mais je préfère qu’il pose ses mains chaudes sur mes reins afin de sentir sa présence.

 

Toujours effrayée par l’intensité des contractions, je lui demande de me dire à combien de dilatation je suis. J’ai tellement envie d’être rassurée, qu’elle me dise que je suis bien avancée !!!

Le verdict tombe : je suis à 9 ! Je suis presque à la fin de la dilatation ! OUF !!!

La descente de bébé va bientôt commencer, surtout que je commence à être fatiguée… J’ai de plus en plus de mal à supporter ces contractions !

Et puis, tout s’entremêle, la descente, la poussée, la douleur dans le bas du ventre et dans les reins… Les contractions augmentent encore et reviennent toutes les minutes ! Pas le temps de récupérer, la contraction passée, l’autre arrive encore plus forte ! Je me sens épuisée !

Vite, il faut que bébé sorte vite !!!

A ce moment précis, j’ai besoin de tenir la main de Sébastien. C’est tellement fort que je lui sert de toutes mes forces sa main. Je tremble de partout, mes mains, mes jambes. Je transpire, j’ai chaud : Sébastien m’essuie doucement le front.

Je ne sens pas vraiment la descente mais surtout la douleur qu’elle me procure. Le bouchon muqueux s’en va, puis, le liquide amniotique coule doucement. Sébastien essaye de me rassurer en me disant que c’est bientôt fini ; c’est vrai mais je voudrai tellement que ce soit vraiment fini que ses paroles ne me rassurent qu’à moitié !

Peu de temps s’écoule (environ 30 minutes) et mon ventre, mes abdominaux se contractent violemment tout seul. Mon corps sait ce qu’il a à faire et je n’ai qu’à le suivre.

Il faut que bébé sorte vite car je sens que j’arrive au bout de mes limites ! Quelques poussées et je sens bébé qui pèse sur mon périnée. Sa tête doit sortir à tout prix car je ne supporterai pas longtemps qu’elle stagne dans mon périnée puis à l’entrée de ma vulve.

 

Alors, j’attends la contraction et l’accompagne volontairement. Sa tête commence à sortir mais pas encore complètement. La prochaine contraction me semble trop loin, je pousse alors sans la contraction car je veux vraiment que sa tête sorte. Aidée de la contraction suivante, sa tête sort non sans avoir senti une brûlure et un étirement terribles de ma vulve. Ca fait tellement mal ! Une autre poussée et une épaule sort.

Geneviève me dit que bébé pleure. Elle me demande de pousser encore pour sortir l’autre épaule et je le fais dans un dernier effort. Maintenant, je n’ai plus de force et je n’arrive même pas à pousser le reste du corps ! Geneviève m’aide alors.

Elle me met le bébé sur mon ventre et le regardant venir sur moi, je crois voir un sexe masculin.

Bébé est tout chaud sur mon ventre. Il pleure doucement et ce, pendant plus de 10 minutes : il m’exprime ce qu’il a ressenti, peut-être la peur ou la douleur de certains moment. Mais ensuite, bébé s’étale sur mon ventre, détendu d’avoir pu se libérer de ses tensions de l’accouchement.

Sébastien et moi le regardons ensuite sur toutes les coutures et découvrons avec bonheur que c’est une petite fille !!! Nous lui souhaitons la bienvenue et nous nous présentons en tant que ses parents.

Elle est si différente d’Alice ; elle est potelée de partout ! Je regarde ses mains qui ont des petits bourrelets et je me rappelle alors les doigts d’Alice qui étaient longs et fins ! C’est vraiment un autre bébé avec des joues bien rondes et qui n’a pas du tout la même odeur qu’Alice à la naissance (c’est incroyable comme on se rappelle de l’odeur de la naissance, de l’utérus).

J’ai du mal à ne pas faire la comparaison avec Alice à sa naissance : je pense que je m’attendais à découvrir le même petit être mais c’est bien un bébé différent et donc rien n’est comparable ! En fait, sous cette attente, je m’aperçois que j’ai peur de ne pas la trouver aussi belle qu’Alice, de ne pas l’aimer autant… Mais le temps me donnera tord, heureusement. L’attachement aura lieu quelques heures après et les jours suivants car l’amour se construit et se renforce de jour en jour !

Quelques minutes après la naissance, Cerise commence déjà à téter. Cette première tétée durera plus de 15 minutes, ce qui m’étonne beaucoup car je me rappelle qu’Alice avait eu beaucoup de mal à téter à la naissance (elle ne l’avait fait que le lendemain de l’accouchement !). Encore un exemple des bénéfices d’un accouchement à domicile ou tout du moins non médicalisé, respecté.

Geneviève pèse la petite et elle nous annonce qu’elle fait 4 kilos 100 et 54 cm ; effectivement, elle est costaud !

Elle nous demande enfin son prénom, mais là, un silence s’installe, nous ne savons plus quel prénom lui donner. Nous le déciderons une fois que Geneviève sera partie : ce sera Cerise ! Un prénom qui n’avait été qu’évoqué quelques semaines avant la naissance. Mais, en la voyant si ronde et pleine de vie, Cerise est devenue une évidence !

 

Après l’accouchement, des tremblements me secouent tout le corps pendant plus d’une heure : ils sont dus à l’effort accompli et à l’intensité des contractions, me dit Geneviève. Ensuite, elle me recoud les petites lèvres qui sont déchirées (la piqûre anesthésiante et le fil qui passe dans ma vulve sont assez désagréables surtout après avoir supporté toute la douleur de l’accouchement).

 

Le placenta sortira quelques dizaine de minutes après, avec des poussées volontaires.

Ca y est la naissance est finie !

Je reste un peu sonnée par la force de mon accouchement. Mais, paradoxalement, nous discutons comme si de rien était avec Geneviève. Nous rions aussi. C’est aussi cela l’accouchement à la maison : un mélange de sensations fortes et de moments si « ordinaires » qui font partie de notre vie quotidienne ! 

Le jour commence à se lever et l’on entend alors les oiseaux gazouillés. Sébastien va chercher des croissants tout chauds et nous les mangeons tous ensemble sur le canapé-lit, en discutant et en regardant le jour se lever.

Un nouveau jour commence, une autre vie aussi, ce 24 avril 2008. Bienvenue sur notre terre ma petite Cerise ! 

Par annabelle - Publié dans : Grossesse et accouchement
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Dimanche 11 mai 2008 7 11 /05 /Mai /2008 17:41

Avec tous mes remerciements à Geneviève et à Sébastien, grâce à qui j'ai pu vivre une grossesse et un accouchement respectés.

L’avant grossesse, la période de transition

 

Symptôme de grossesse avant le début réel de la grossesse !!

Le 27 mai, c’est la date où j’étais sûre de vouloir être enceinte et je pensais vraiment l’être ! Ainsi, tout le mois de juin et début juillet, j’avais tous les symptômes de la femme enceinte : ventre qui gonfle, maux de ventre, seins très sensibles et réticence à faire téter Alice… Comme l’esprit est puissant!!!

 

L’aventure commence…

 

En fait, le début de ma grossesse a commencé 2 mois plus tard : le 2 août (mais cette date n’est que présumée). En pleines vacances évidemment, lorsque le corps et la tête se détendent. Nous avons passé des vacances très sportives et j’étais à ce moment-là, très en forme ! Au menu, vélo, marche, nage et course tous les jours.

Après avoir fait plusieurs fois le test de grossesse pendant ma période de « transition », j’ai réitéré un jour où Alice était avec moi : un peu nerveuse, j’ai attendu le relevé avec elle et à l’annonce des résultats, je lui ai dit « ça y est il y a un petit bébé dans mon ventre ».

J’en avais déjà parlé à Alice et elle connaissait notre envie d’avoir un deuxième enfant ; je ne sais pas pourquoi, mais je la sentais prête à recevoir cette nouvelle dès le début et même à en être heureuse. Je connaissais les risques de fausses couches en particulier au cours des premiers mois mais je n’avais pas envie d’attendre pour lui annoncer. J’avais envie qu’elle partage ces moments particuliers avec nous, dès le début. Maintenant.

Je me sentais déjà complètement dans ma grossesse, totalement investie…

 

Les difficiles trois premiers mois

 

La rentrée de septembre a apporté ses désagréments avec la course folle de notre vie urbaine (les transports, le travail…), les nausées qui me prenaient n’importe où et n’importe quand. Heureusement, en parallèle à ce rythme effréné, j’ai pu faire de longues siestes avec Alice lorsque l’on était à la maison ; blotties toutes les deux, nous étions tellement bien ! J’avais l’impression que nous hibernions ! D’ailleurs, toute la famille ne pensait qu’à ça ; Sébastien aussi semblait fatigué. Cela corroborerait ce que pense Michel Odent, à propos de l’influence des hormones de la femme enceinte : selon lui, elles peuvent aussi jouer sur l’équilibre hormonal du conjoint s’il existe, bien évidemment, une relation très étroite entre les deux membres du couple. 

 

Au  niveau des sensations, j’ai été surprise de sentir vers un mois ½, 2 mois, de subtils mouvements comme des petites vibrations, des petits coups très rapides au niveau du bas-ventre. Ce bébé était déjà bien présent en moi.

J’avais aussi l’impression que mes nausées avaient une utilité ; après que mon ventre se soit contracté et que l’envie de vomir soit passée, je sentais le bébé « bien en place » dans mon ventre, plus « haut » qu’il ne l’était avant l’épisode des nausées… Serait-ce un des bénéfices de ces moments difficiles ? En tout cas, ça me donnait du courage pour mieux les supporter.

 

 

Le second trimestre, de l’incertitude à la RECHERCHE de l’épanouissement, de la sérénité

 

Puis, les trois mois fatidiques sont passés ; l’écho du premier trimestre nous a montré une petite crevette qui bougeait bien, pleine de vie.

Pourtant, les deux mois qui suivirent furent un peu stressant car je faisais de l’hypertension : j’avais peur pour le bébé et pour l’accouchement à la maison… Mais en y réfléchissant bien, je comprend que cette hypertension est en lien avec ce que je ressens ; toutes mes émotions sont à fleur de peau, la moindre contrariété ou le moindre stress me met dans un état évident de fébrilité… après de nombreuses discussions avec ma sage-femme et mon ostéopathe, j’ai pu libérer certains nœuds émotionnels et me sentir plus détendue.

Je pense vérifier ce que me disait mon ostéopathe ; « le premier enfant hérite de l’histoire de la famille et le second de ses émotions ». Etant moi-même la deuxième de la fratrie et cet enfant à venir, le deuxième, mes émotions et celles du bébé se surajoutent.

Toutefois, je voudrai par dessus tout éviter de transmettre des émotions négatives à mon bébé ; ainsi, je me répète régulièrement de « LAISSER COULER », de me donner des priorités et de ne pas accorder d’importance à ce que les autres pensent.

Autre conséquence de cette hyper-réactivité émotionnelle, vers 4 mois ½, 5 mois de grossesse, je me réveille la nuit, toute énervée. Je me tourne et me retourne sans pouvoir m’arrêter. Et bébé bien sûr est en pleine effervescence. Il bouge dans tous les sens et ne s’arrête que lorsque je réussis enfin à me détendre. Quelles nuits !! Cette nuit justement, celle du 9 janvier 2008, je lui ai parlé, l’ai caressé et cela a eu l’air de le calmer…

 

Je ressens ce bébé à venir très réceptif à ce que je lui dis, et surtout à ce que je ne lui dis pas (à ce que j’éprouve, à ce que je pense). La connexion s’est établie.

C’est comme si un 6ème sens nous reliait tous le deux : pas besoin de lui parler, mes émotions, mes affects, mes pensées sont tout de suite « assimilés » par ce petit être.

Pour preuve, avant la deuxième échographie (fin décembre 2007), nous avons discuté avec Sébastien sur le fait de demander le sexe ou non du bébé ; pour moi, c’était clair, je ne voulais pas le savoir. Sébastien, lui, hésitait. Plus tard, il m’a annoncé qu’il souhaitait le demander car « il voulait se préparer si c’était un garçon ». Je respectais son choix et lui demandais de ne pas le divulguer à notre entourage, mais en même temps, j’étais un peu déçu qu’il le demande. Je veux que ce bébé soit seulement et surtout UN BEBE, le fruit de notre amour et qu’importe le sexe car nous l’aimerons autant. Je pense aussi que nous projetons beaucoup de représentations, de stéréotypes (conscients et inconscients) sur le sexe du bébé et que cela entrave la véritable nature de l’enfant à venir. Enfin, sa santé et son bien-être me semblaient plus importants que de savoir son sexe, ce que les gens ont malheureusement tendance à perdre de vu, les progrès techniques pouvant nous faire parfois rater l’essentiel.

J’ai donc plusieurs fois expliqué ma position à mon entourage et à Sébastien, je lui ai aussi exprimé mon sentiment par rapport à ce qu’il souhaitait et, en riant (mais en fait, qu’à moitié !), je lui disais que j’aimerais bien que l’on ne voit pas le sexe du bébé lors de l’échographie. Et c’est exactement ce qui s’est passé ! Le bébé a montré son dos et ses fesses pendant toute la durée de l’échographie ; aucune chance de voir son sexe malgré sa grande activité par ailleurs ! Coïncidence, je ne pense pas !

 

Bref, ce futur bébé nous sent, nous ressent, moi, Alice et Sébastien et réagit à chacun d’entre nous. Surtout lorsque nous mettons la main ou les lèvres tout contre mon ventre, le caressons et lui parlons tout doucement.

Je me rend compte que ce bébé est mentalement beaucoup plus présent en moi, qu’il me semble plus « réel », que je le considère plus comme un être à part entière que ce n’était le cas pour Alice. Peut-être parce que j’ai déjà connu une grossesse et qu’une enfant formidable en est née.

 

Paradoxalement, la naissance me paraît loin, très floue et je n’arrive pas à me projeter dans cet instant. Je n’arrive pas à savoir ce qu’il me faudra le moment venu ; j’ai l’impression pour l’instant de n’avoir besoin de rien pour l’accouchement, la naissance et de toute façon, de ne pas vouloir réfléchir à cela. J’ai juste envie de me sentir bien dans cette grossesse, de me déconnecter, de ne plus intellectualiser. Je me dis que tout viendra naturellement, à point nommé. J’ai envie de faire confiance à cet enfant qui saura me guider car il sait ce dont il a besoin. Et quand je pense à l’hygiène naturelle, je suis tentée de me dire la même chose…

 

Un dernier mot sur le temps et la grossesse.

Encore plus que pour la première, j’ai l’impression que le temps s’est ralenti. Je n’ai vraiment pas envie de courir ; à quoi bon ? Et de toute façon, je n’y arrive plus !

Je relativise beaucoup plus ma vie et prend plus le temps d’apprécier les différents moments de la journée. Paradoxalement, je suis moins en retard que d’habitude car je me donne des priorités afin de moins surcharger mon emploi du temps.

D’un autre côté, ma deuxième grossesse me semble passer beaucoup plus vite que la première : je n’arrive pas à réaliser que je suis déjà à plus de 5 mois. Peut-être parce que j’ai moins le temps de penser à moi et au bébé car cette fois-ci, je dois aussi être présente pour Alice.

 

Mon ventre me pèse de plus en plus et je me sens quelquefois aussi lourde qu’en fin de grossesse… ce qui m’effraie un peu pour les derniers mois !!!

 

En relisant le titre de ce chapitre, je m’aperçois que je suis dans le vrai : quelques mois plus tard, je me rend compte que ce deuxième trimestre est la recherche constante de la sérénité et du bien-être. Malheureusement, ce leitmotiv est très difficile à réaliser car notre vie est vraiment trop stressante : le travail, les activités avec Alice loin de chez nous, les temps de transport ou de voiture qui nous épuisent et empiètent sur une bonne partie de la journée !

J’ai donc peu de temps pour penser au bébé et ça me frustre énormément !!!

 

L’atmosphère devient de plus en plus électrique, je commence à avoir du mal à dormir la nuit : plus les jours passent et plus j’ai de « l’impatience » ! C’est terrible !!! J’essaye de me détendre, d’inspirer, d’expirer mais rien n’y fait ! Avec du recul, je pense que le bébé veut me dire de ralentir ce rythme effréné : de me retirer de ce monde où tout va trop vite !

Mais impossible, je suis dans une essoreuse et je n’arrive pas à en sortir !!

Ainsi, l’impatience ne me quitte pas de la nuit lorsque ma journée a été trop remplie ! Dur, dur ! D’autant plus que je commence à me sentir fatiguée avec ces nuits d’insomnie et ces journées de course !

 

Malgré un ventre déjà bien rond et proéminent (il est vraiment en avant !), je me sens bien physiquement et surtout, je sens que le bébé s’épanouit dans mon ventre. Il grossit à vue d’œil et prend ses aises dans mon utérus ! Mon ventre n’a jamais été aussi en avant et gros, même à la fin de ma grossesse avec Alice ! Je me demande comment vais-je être à la fin et ça m’inquiète un peu !!

 

 

 

Le troisième trimestre : stress et libération avant le grand saut !

 

Ce dernier trimestre ne commence pas dans les meilleures conditions qui soient : je cours toujours beaucoup après le temps, je trouve peu de temps pour me détendre, profiter d’Alice et du bébé. Ca y est, je veux arrêter le travail au plus vite !!

Mais en même temps, je ne veux pas partir n’importe comment. Je veux laisser toutes les infos nécessaires à mes collègues ; cela me prend du temps et me stresse pas mal !!

Quelques épisodes physiques difficiles : une ou deux semaines avant la fin du travail, une sciatique me lance intensément du côté droit lorsque je suis en position assise. Encore un signal de bébé pour me dire qu’il est temps d’arrêter de travailler à l’extérieur !! D’autant plus que je n’ai aucune douleur debout ou allongée ! Bébé sait vraiment ce qui est bon pour nous deux et me le rappelle régulièrement !!

 

Finalement en congé pathologique (début mars), nous partons au Maroc ; voyage assez agréable dans l’ensemble mais peu reposant ! En tout cas, bébé ne veut pas sortir maintenant car nous prenons souvent la voiture (avec des routes souvent bosselées ou des conduites un peu sport ! ) et nous marchons pas mal durant ce séjour !

Le point positif de ce voyage est que je prends le temps de penser à moi, de me chouchouter physiquement : avec hammam, pédicure, manucure et coiffure, rien que cela ! Ca me fait vraiment du bien ! Le point négatif : je dors encore plus mal la nuit. Bébé aurait-il envie de farniente ? Je le pense d’autant plus qu’Alice nous sollicite beaucoup ; c’est vrai qu’il n’y avait pas d’autres enfants avec nous en vacances mais tout de même, depuis quelques temps, j’ai l’impression qu’elle voudrait que l’on ne soit là que pour elle. Que l’on profite de ces derniers moments tous les trois…

 

Je sens toujours le bébé bouger beaucoup (surtout la nuit, me rappelant que je devrais plus me reposer, me détendre le journée). Il m’appuie de plus en plus sur le devant du ventre ; mon nombril me fait mal car il appuie beaucoup à cet endroit.

Je le sens vraiment à fleur de peau ; ses fesses qui m’appuient sur le nombril, ses mains et surtout ses pieds toujours du côté droit qui bougent sans cesse !

Après une phase de mouvements très rapides (pendant le deuxième trimestre et le début du troisième) qui m’inquiètent d’ailleurs parfois - je me demande s’il se sent bien et si je ne le stresse pas avec ma vie toujours sous tension ? -  ses déplacements se font beaucoup plus lent et doux. C’est si agréable et réconfortant. Je sens l’amour monté de plus en plus en moi pour ce petit être qui sera bientôt parmi nous ! Je l’aime !

 

Le retour de voyage au Maroc met mes nerfs à rude épreuve : je réalise maintenant qu’il ne me reste plus beaucoup de temps avant la naissance et que je n’ai encore rien préparé, rien fait de ce que je voulais régler avant que bébé arrive !! Aïe, aïe, aïe, je me sens super mal !

Cette angoisse est d’autant plus forte que je ne trouve pas le temps de m’y atteler la journée. Je passe alors mes soirées à m’activer dans tous les sens ! Sébastien ressent lui aussi ce stress et l’absorbe en partie !

Heureusement, grâce à Sébastien, ma mère et à des amies, je trouve quelques moments pour « avancer » afin de me sentir libérer de ces contraintes. Ces dernières, je le sais, n’existent que parce que je suis trop exigeante. Mais je n’arrive pas à les évacuer et je me sens obligée de les accomplir pour m’accorder enfin du repos !

 

Et deux semaines plus tard (et de nombreuses journées et nuits épuisantes !), je suis enfin libérée ! Je me sens enfin plus sereine ! Je pense plus au bébé et j’essaye au maximum de profiter d’Alice, de faire de nombreuses activités avec elle avant la naissance.

Je dors un peu mieux (malgré quelques nuits encore mouvementées) et j’attends nos vacances à la montagne avec impatience !!!

Comme me le disait la sage-femme, Hélène Boyé, « c’est un beau cadeau que vous faites au bébé d’aller à la montagne !! ». Je ne m’en étais pas rendue compte mais c’est vrai que l’on va se faire plaisir, Alice, bébé et moi. Je sais que ce sera un moment privilégié avant la naissance. Je sais aussi que je ne risque pas d’accoucher pendant cette période.

Après cette semaine à la montagne, par contre, je pense être prête à accueillir mon, notre bébé... Je sens que mon accouchement va bien se passer…le plus naturellement du monde ! Dans la chaleur de la maison, en intimité, sans pression.

J’ai confiance en mon bébé et je sais qu’il me guidera : je n’ai plus qu’à l’écouter.

 

 

Les toutes dernières semaines

 

La semaine à la montagne a été bénéfique pour bébé, Alice et moi. J’ai pu profiter d’Alice à 100 % (être tout entière à elle) et donner de l’énergie au bébé grâce à l’air pur de la montagne et aux balades que nous avons faites chaque jour. Par contre, l’impatience me poursuit toujours toute la nuit !

Chose incroyable, une fois rentrée, alors que le bébé était encore bien haut et me laissait marcher sans problème à la montagne, je me sens à présent lourde, très lourde !! Il me pèse vraiment sur le bas du ventre, m’appuie sur l’entrée du bassin à droite ; j’ai du mal à marcher, encore plus d’avoir de l’énergie pour m’occuper d’Alice !

Ces signes me disent que le terme se rapproche plus vite que prévu ; c’est en même temps excitant et stressant car je ne me sens pas complètement prête !!!

Je lui demande d’attendre encore quelques jours…deux semaines, ce serait parfait. Mais on ne peut pas décider de la date de naissance de son bébé !!

Je me rend compte que pour être prête, je dois lui faire de la place, penser à l’accouchement, le visualiser, trouver un moment pour en parler avec Sébastien et Alice. Nous avons besoin tous les trois d’être prêt psychologiquement plus que matériellement ou logistiquement !

Il faut aussi que je me mette moins de pression et que l’on profite de ces derniers jours ou semaines!

Les jours avancent et nous sommes de plus en plus prêts. Cela fait 2 week-ends (37 et 38ème semaine de grossesse) que je m’active comme une folle pour finir les derniers préparatifs de l’accouchement : j’achète tout ce qu’il nous faut à la pharmacie, je prépare ces vêtements, j’organise le coin d’accouchement, je rédige mon récit de grossesse.

Je m’aperçois que je ne veux pas m’encombrer de trop de choses matérielles pour le bébé. Le mot d’ordre : être le plus possible avec lui !

 

Je pense à Alice et j’ai un peu peur qu’elle tourne en rond après la naissance de bébé ; j’ai peur de ne pas avoir la disponibilité ni l’écoute pour être avec elle. Je me repose de plus en plus sur Sébastien. Je crois qu’il prendra facilement le relais surtout en congé paternité ; d’ailleurs, tous les week-end, il se consacre complètement à Alice et ça me rassure beaucoup. Il est de plus en plus présent pour moi et pour Alice et endosse de nombreuses responsabilités : je l’en remercie infiniment car je sens qu’il comprend ce que je vis en ce moment ! Je l’aime !

 

Cette semaine, la 38ème, je sens de plus en plus le bébé qui s’agite la nuit ; il pousse avec sa tête sur ma vessie et dans mon bassin, ce qui m’oblige à me lever souvent pour aller aux toilettes. Je dors assez mal et j’ai toujours mes « influx nerveux » (et non mon « impatience » comme me le soulignait Isabelle, mon ostéopathe). J’ai l’impression que je vais accoucher chaque nuit…mais chaque matin arrive et le bébé n’est pas encore là…

Je m’imagine vraiment accoucher la nuit et rapidement…

Je sens mon corps se préparer petit à petit à la naissance. Mon bassin s’élargit, j’ai mal en haut des cuisses…

Pour le phytothérapeute, ce n’est qu’une question de jours….

 

Ce week-end (le 19/20 avril), il y a une pleine lune. Je me sens prête à l’accueillir et Sébastien aussi. Tout est fin prêt, le sera-t-il lui aussi ? Comme me le racontait une amie, elle a eu la conviction que sa fille avait attendu que son père ne soit plus malade pour naître. Je pense aussi que bébé va sentir que nous l’attendons vraiment maintenant.

 

Je suis détendue car j’ai envie de faire confiance à mon enfant pour cette naissance et pour la suite de sa vie. J’ai envie de l’écouter et d’être la plus proche possible de ses besoins.

Mardi dernier (le 15 avril), Isabelle me disait que mon poumon droit était bloqué et qu’elle sentait que je cherchais ma place dans cette vie. C’est vrai, j’ai envie de faire des projets, de changer de vie, d’y insuffler une nouvelle bouffée d’oxygène. Je sais que nous ne resterons pas à Paris toute notre vie et le fait de partir avec nos deux enfants nous fera le plus grand bien. Ce bébé apportera du changement, j’en suis sûre !

Par annabelle - Publié dans : Grossesse et accouchement
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